Kill me now [PV]

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Mer 2 Juil - 0:45

Il allait répondre, répliquer, bien décidé à ne pas se laisser faire. La dernière bataille de sa vie, il fallait qu’elle soit éclatante. Elle lui demandait ce qu’elle pouvait faire d’autre, des solutions il en avait plein.
Pour commencer, il était d’avis qu’effectivement elle devait partir d’ici. Elle souffrait d’être sous le même toit qu’eux… Elle souffrait d’être sous le même toit que lui. Il n’y avait pas d’autres solutions, elle devait partir. Pour cela au moins ils étaient sur la même longueur d’onde. Qu’elle parte à Stars Hollow ou ailleurs, maintenant cela n’avait plus grande importance, car il avait plus de chance de la retrouver si elle s’en allait simplement quelques temps que si elle rompait avec lui dès à présent. Rompre… Ils ne rompaient pas, puisqu’ils n’avaient jamais été ensemble – du moins pas depuis un certain moment.
Ensuite, il ne lui demanderait qu’une seule chose : attendre jusqu’à la fin de la semaine. Il s’agissait là de la dernière ligne droite, selon lui ils n’étaient plus à cela près. Elle attendait depuis des jours, des semaines, elle s’était tant battu, elle avait tout fait pour rester à ses côtés, pour l’aimer et le rendre heureux malgré tout. Elle avait accepté de vivre cachée, elle avait accepté de partager celui qu’elle aimait avec une autre, elle avait fait bien trop d’efforts pour s’arrêter à quelques jours de la fin du calvaire. Il est vrai que la fin d’un supplice pouvait annoncer le commencement d’un autre. Mais qu’elle reste ou qu’elle parte, le supplice était peut-être au bout du couloir. Mais ne valait-il mieux pas choisir des souffrances hypothétiques qu’un tourment certain ? Il serait bien temps, après, si jamais les choses ne tournaient pas à son avantage, de se quitter pour toujours.
Et donc, voici l’étape finale. Il y avait, au bout de ce périple insensé, les deux mêmes hypothèses qu’au début. Soit ils repartaient ensemble, main dans la main dans le soleil couchant. Soit il renonçait définitivement à elle et il y avait de fortes chances pour qu’ils ne se revoient plus, définitivement.
Ce plan avait plusieurs mérites, l’un d’entre eux était d’arriver potentiellement à ce que voulait Rory, mais de leur laisser tout de même la chance d’être heureux ensemble.

Avant qu’il ait eu l’occasion de lui exposer ce qu’il pensait être la meilleure façon de procéder elle parla à nouveau. Ce qu’elle dit faisait très exactement écho à ce que lui-même pensait. Cette fois il ouvrit la bouche, confiant, prêt à tout lui expliquer… Mais elle ne s’arrêta pas en si bon chemin.
Immédiatement son visage se referma. Il souffrait à présent comme il n’avait jamais souffert. Ce qu’elle venait de lui dire… S’il n’avait pas été totalement pétrifié il lui aurait certainement crié de se taire, dans le but d’apaiser sa souffrance. Il l’avait perdu. Une fois de plus il l’avait perdu, parce qu’il n’avait pas su agir comme il le fallait avec elle. Il avait tout fait pour elle, tout changé pour lui plaire, tout modifié pour la rendre heureuse, tout chamboulé pour la rendre fière… Et il avait lamentablement échoué, une fois de plus. Quoi qu’il fasse, il ne serait donc jamais assez bien pour elle, il ne serait jamais ce qu’il lui fallait. Il l’avait blessé, une fois encore, malgré son amour, il n’avait pas su faire ce qu’il fallait, comme au bon vieux temps. Cette fois il renonçait pour de bon, il venait de saisir que quoi qu’il tente jamais il ne serait celui qu’il lui fallait. Il en revenait exactement au même point qu’après sa venue à Philadelphie : elle était la femme de sa vie, il n’était pas l’homme de la sienne. Rory n’avait pas encore rencontré l’homme de sa vie, Jess en était certain… Du moins il était convaincu que ni Dean ni Logan ne l’étaient, pas plus que lui. Il n’avait plus qu’à souhaiter pour elle le meilleur, qu’elle rencontre enfin l’homme de sa vie… Et qu’elle soit la femme de la sienne, histoire que pour une fois cela marche pour elle. Il l’aimait bien trop pour espérer autre chose pour elle.
Aussi, il ne put qu’acquiescer à ses dernières paroles. Elle partirait demain. Que faire d’autre ? Elle avait finalement raison. S’il avait eu plus de courage il lui aurait avoué, avant de sortir de la chambre, qu’elle resterait la femme de sa vie… Mais il savait d’avance qu’il n’en ferait rien.
Une parole, seulement, lui tira une vague grimace, alors que le sang cessait d’affluer à ses joues, lui donnant des airs livides de mort vivant. « Il est trop tard »… Il aurait pu gagner, cette fois, il aurait pu y arriver, il aurait pu être heureux, il n’en était pas passé loin. Mais il n’avait pas su se décider à temps. Plus que jamais il était passé à un cheveu de Rory. Si seulement il avait été plus rapide, elle aurait été à lui. Il aurait pu mourir de chagrin. Il passerait des semaines à s’en vouloir, à s’en rendre malade, jusqu’à en perdre pied. Ce nouveau bout d’histoire construite ensemble ne changeait pas des autres, leur timing était mauvais… À croire qu’il en serait toujours ainsi. Il la regarda longuement, sans bouger, sans sourciller, presque avec indifférence. En effet, il était à présent aussi fermé sur lui-même qu’une huître.

Il se leva finalement, avec une lenteur infinie, sans jamais la lâcher des yeux, comme hypnotisé.
Une fois debout il la regarda quelques secondes… Il aurait tout fait pour franchir l’espace qui les séparait encore. Il voulait la prendre dans ses bras, pour la dernière fois, il voulait l’embrasser… Ses yeux fixaient les lèvres de la demoiselle. Il s’en détourna dès qu’il s’en rendit compte. Dans le même élan il fit quelques pas en arrière, quelques pas qui se changèrent en une multitude, jusqu’à ce qu’il arrive de nouveau jusqu’à la porte.
Là seulement il se retourna à nouveau. Son visage avait changé, son attitude corporelle entière s’était d’ailleurs modifiée. Jess était passé depuis longtemps maître dans l’art d’être à la fois décontracté et triste. À nouveau, il le faisait à merveille. Il souriait, marchait avec désinvolture, son regard même était surtout empli d’amour… Pourtant subsistait une ombre, comme une épée de Damoclès, quelque part dans sa façon de bouger, dans une étoile qui brillait dans son regard, la tristesse transparaissait avec toujours autant de force. Cependant, l’essentiel transparaissait : il était triste plus que de raison, il l’aimait autant qu’il était possible d’aimer et il abandonnait tout bonnement le combat. Avec la même désinvolture que le laissait entendre son comportement, avec la même ironie que d’ordinaire, il parla enfin.


« Tu passeras le bonjour à ta mère. »

Il la laissait partir, il n’avait plus rien d’autre à dire… Pourtant, il ne s’approcha pas plus de la porte, ni ne tendit la main vers elle. Lui-même ne savait pas ce qu’il attendait, un retournement de situation n’était pas envisageable, il avait définitivement compris qu’il n’était pas bon pour elle, elle aurait donc pu revenir en le suppliant, en rampant, que cela ne changerait plus rien pour lui. Il n’espérait pas plus des adieux dignes de ce nom, il détestait cela, et préférait de loin la quitter comme s’il allait la revoir le lendemain… Ce qui ne l’empêchait pas de rêver encore à sa peau, à ses caresses, à son odeur.
C’est alors qu’il commit la plus irréparable des bêtises, il reprit la parole pour dire une idiotie sans nom :


« Tu veux que je t’emmène, demain ? »

Cela partait de bons sentiments, il voulait passer avec elle les dernières heures qu’il leur resterait. Pourtant, c’était idiot. Il détestait les adieux et venait lui-même de se jeter dans la gueule du loup pour ses beaux yeux.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Mer 2 Juil - 15:47

Rory n’en revenait pas, elle n’avait finalement pas eu à mener une guerre si violente qu’elle l’aurait cru. Au final il acceptait la fatalité autant bien qu’elle, à croire qu’il avait compris que Lena et lui étaient faits pour vivre ensemble. Jess avait vraisemblablement baissé les bras et, si Rory en était heureuse intérieurement elle ne pouvait s’empêcher d’en souffrir également. Il avait abandonné si vite qu’elle s’en sentait blessée sans même le vouloir…ce qui était stupide puisque le jeune homme réagissait exactement comme elle l’avait voulu. Il la laissait gagner. Il la laissait partir. Mais tout de même…il n’avait pas essayé d’argumenter, il avait jeté l’éponge si facilement…

Cependant elle n’en dit rien. Très vite, elle s’était perdue à nouveau sur le physique si parfait de son amant. Jess était la perfection incarnée et plus les minutes passaient et plus elle réalisait sa folie de penser ne serait-ce qu’un instant à le quitter…Comment allait-elle bien pouvoir continuer à vivre ? Comment pourrait-elle se lever en sachant que la personne qui faisait battre son cœur ne recroiserait plus jamais sa route ? Comment allait-elle pouvoir continuer à respirer dans un monde ou l’oxygène n’existerait plus ? Elle allait devoir réapprendre à vivre seule après des semaines de bonheur…après des semaines à retrouver le goût de l’amour, du vrai… ! Et le pire dans cette histoire, elle serait la seule personne à blâmer dans cette histoire… ! Elle était seule responsable ?

Le regard de Jess s’était un instant égaré sur son visage, elle avait alors permis à ses yeux de faire de même et avait caressé du regard chaque parcelle du corps de son amant. Elle aurait aimé qu’ils cessent tous deux d’être si bornés et qu’ensemble, d’un simple regard, ils décident de franchir la distance qui les séparait si cruellement.

Mais Jess détourna le regard…et elle suivit son exemple à contrecœur. Cette situation … eux … amoureux transis dans cette chambre…se déchirant mutuellement…c’était la plus horrible des situations qu’ils pouvaient vivre… ! Rory laissa un soupir lui échapper alors qu’elle baissait les yeux à nouveau sur le sol.

Il la ramena à la réalité en lui adressant la parole. Qu’elle passe le bonjour à sa mère ? Elle en sourit tristement. Lorelai et Jess n’avaient jamais eu ce que l’on pouvait appeler de bons rapports. Ainsi elle était certaine que cette phrase était purement ironique. Elle connaissait assez bien Jess pour savoir lorsqu’il plaisantait… ! Oui…elle connaissait tout de lui. Elle connaissait ses peurs, ses joies, ce qu’il aimait tout autant que ce qu’il haïssait… ! Et elle aimait chaque petite partie de sa personnalité. Ainsi elle était parfaitement au courant de ses attentions. Il voulait simplement détendre l’atmosphère, mais ne pensait pas un seul instant qu’elle le ferait. Cependant, elle se devait de lui répondre.


-Et à Luke

Avait-elle ajouté en hochant la tête lentement, le regard toujours figé sur le sol. Car si il y avait bien quelqu’un à saluer à Stars Hollow pour Jess, c’était bien son oncle !!! Il y avait eu un moment de silence, puis il avait repris la parole. Pour le coup…elle avait hésité un instant. Qu’il l’emmène… ? Qu’entendait-il par-là ? Voulait-il la conduire à la gare routière ?? Ou carrément à Stars Hollow ? Elle hésita longuement. Pas seulement pour essayer de comprendre ce qu’il lui proposait, mais aussi pour savoir si tout ceci était une bonne idée… ! Ils seraient tous deux à nouveau seuls…dans cette voiture… ! Cette situation lui était étrangement familière …Elle l’avait vécu le matin même…en arrivant ici…

Mon dieu. Était-ce possible que le temps puisse tant changer de choses ?? Ce matin encore ils s’embrassaient amoureusements, fièvreusement…et voilà qu’ils se séparaient une fois la nuit tombée…

A nouveau un triste sourire s’inscrit sur les lèvres de la belle alors qu’elle terminait là ses réflexions. Elle ne pouvait pas lui refuser cela… ! Et puis…elle en avait très envie elle aussi… ! Ils pourraient profiter de ces derniers instants ensemble…et ce ne pourrait de toute façons pas être pire que la situation actuelle… !

-Si ça ne te dérange pas…je veux bien…oui…merci…

Le regard toujours figé sur le sol, n’osant plus retourner son regard sur l’homme qui faisait battre son cœur, elle attendit alors la suite des évènements. Il allait probablement acquiesser puis…s’en aller pour le plus grand malheur de Rory qui ensuite se coucherait pour ne plus penser à toute cette histoire et se réveillerai le lendemain, prête – malgré elle – à quitter cet homme qu’elle aimait tant… !

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Mer 2 Juil - 23:28

Lorelaï… Luke…
Bien malgré lui tout cela lui rappelait bien trop le passé. Mais surtout, l’évocation, bien innocente, qu’il venait de faire l’avait soudainement frappé de plein fouet. Jamais plus il ne cesserait de penser à quel point sa mère avait raison. Lorelaï avait tout fait toujours pour mettre en garde Rory à son sujet. À maintes reprises elle avait tenté de lui faire comprendre qu’il était dangereux, qu’il allait lui faire bien plus de mal que de bien. Pour son plus grand malheur Rory ne l’avait jamais écouté. Il était persuadé que ces derniers jours, lorsqu’elle avait parlé de lui à sa mère la réaction avait été la même que par le passé. Il enrageait de se rendre compte que jamais elle ne s’était trompée à son sujet. Il avait beau tenter de faire ses preuves il n’avait fait que conduire le bateau au naufrage, comme toujours.
Cependant, il sourit avec douceur, tout en détournant le regard. Le seul fait de penser à Luke parvenait à le faire sourire avec tendresse. À le gêner aussi. Il était la personne de sa famille dont il était la plus proche, et étonnamment cela semblait réciproque. Avec lui seul il avait l’impression d’avoir changé, d’être devenu quelqu’un de bien, car lui seul était fier de lui outre mesure, et lui seul n’avait à présent plus rien à lui reprocher… Pas tant, du moins, qu’il ne savait pas ce qu’il s’était passé entre Rory et lui. S’il l’apprenait, et il avait fort à parier qu’il l’apprendrait un jour, il trouverait le moyen de lui faire comprendre qu’il avait agi encore comme le dernier des imbéciles. Il ne lui ferait cependant pas la morale, il n’y aurait aucun reproche… Il se contenterait d’essayer de lui enseigner, une fois encore, que l’on n’agit pas ainsi avec les demoiselles. Il en prendrait note, bien que cela ne lui serve plus jamais à rien. Une fois de plus le sujet Rory redeviendrait tabou des années durant.
Il acquiesça néanmoins, sans jamais cesser de sourire.
Il n’eut de toute façon pas bien le temps de s’appesantir sur ce thème. Déjà, ils avaient changé de sujet, sur son impulsion. Car il avait bien d’autres choses avec lesquelles se torturer l’esprit. Une seule chose pour être exact, le départ imminent de Rory, fixé au lendemain matin. C’est à peine si son cerveau était capable de se rappeler de son prénom tant il était obnubilé encore par cette vérité nouvelle. Elle allait partir, il passait avec elle ses derniers instants. Ce n’était peut-être pas définitivement définitif, peut-être se reverraient-ils un jour, mais il ne fallait pas compter sur cela avant une dizaine d’années, quand ils auraient un pavillon en banlieue, un mari ou une femme, des enfants et un labrador, quand leur vie serait faite et impossible à défaire. Ou pour des événements aussi joyeux qu’un enterrement ou leur propre fin de vie. Ils ne se reverraient que lorsqu’ils n’attendraient plus rien l’un de l’autre qu’une amitié pure et sincère. Néanmoins, Jess avait trouvé le moyen de retarder l’échéance. Les adieux n’étaient pas pour tout de suite, si tant est qu’elle accepte sa proposition. Ce qu’elle fit, à son plus grand étonnement.

Aussitôt, malgré une joie qui vint colorer son sourire et éclairer son regard, il regretta ses paroles. Il détestait plus que tout au monde les au revoir, il souffrait encore moins les adieux.
Selon lui, les au revoir ne servaient à rien. En effet, cela changeait-il quoi que ce soit au départ en lui-même ? Il y avait peu de chance. Est-ce que cela le retardait ? De façon infime, à la rigueur. Est-ce que cela servait à se dire ce que l’on n’avait jamais su se dire ? À quoi bon, puisqu’il était déjà trop tard ? Est-ce que cela empêcherait la peine éprouvée ? Pas du tout, bien au contraire. Partager la peine de l’autre, la porter sur ses épaules en supplément de la sienne, garder à jamais de l’autre cette image triste et déchirante, c’était bien trop dur.
Certes, ce n’était pas parce qu’il n’y arrivait pas que personne ne le pouvait. Il y avait dans sa manière de voir quelque chose d’hautement égoïste, mais il aimait à penser que ce n’était pas le seul prétexte qui le motivait : en partant sans adieu il n’empêchait ni la douleur ni les événements, mais il réduisait au maximum leur portée.
Et voilà qu’il se jetait à présent, le plus volontairement du monde, dans la souricière. Il ressortirait plus profondément blessé de cette épreuve qu’il ne l’avait jamais été. Pourtant, cela lui devenait vital. Il devait, nonobstant les conséquences éventuelles, l’accompagner demain, passer avec elle les ultimes heures qui lui étaient encore accordées.
En un sens, il était soulagé. Ce n’était pas pour ce soir. Cette constatation suffit à le détendre encore plus. S’il parvenait à oublier, pour cette nuit, ou pour quelques minutes au moins, ce qu’allait bientôt être leur présent, il pourrait presque profiter un peu de sa dernière soirée en sa compagnie.

Le fait été qu’il était toujours à côté de la porte. Cependant, à présent qu’il savait que ce n’était pas des adieux qu’il devait se faire à cet instant, il n’était plus autant enclin à s’enfuir immédiatement, ni de cette façon. Pour la énième fois il traversa donc la pièce, pour s’approcher cette fois-ci plus franchement de Rory. Une fois devant elle il resta immobile quelques secondes, l’observant, alors qu’elle relevait les yeux avec difficulté. Ce fut seulement ensuite qu’il la prit par les épaules. Ce seul contact fit exploser son cœur et le répandre dans son corps en millier de morceaux qu’il ne pourrait jamais tous recoller. Quoi qu’il en soit il n’en montra rien et continua à sourire avec tendresse. La suite lui provoqua une torture plus grande encore. Avec délicatesse il vint placer ses lèvres sur le front de la demoiselle, avant de lui souhaiter une bonne nuit en un murmure.
Il aurait désiré tellement plus que ces chastes marques d’affection… Mais c’était impossible pour deux raisons majeures. En premier lieu il ne le supporterait jamais, il avait déjà bien trop mal à l’heure actuelle pour croire pouvoir supporter ne serait-ce qu’un bref contact entre leurs lèvres. En second lieu, elle venait de rompre avec lui, il ne devait jamais l’oublier et, miraculeusement, une phrase était là pour l’y aider, une phrase qui continuait à tourner en boucle à l’intérieur de son crâne comme un bruit de fond : elle avait fait une énorme erreur. Toutefois, la partie bien moins raisonnable de son cerveau, celle-là même qui avait proposé à Rory de l’accompagner le lendemain, ne pouvait que rêver à plus. Celle-ci n’avait de cesse de crier qu’il s’agissait là de leurs dernières occasions, qu’ils ne pouvaient pas se quitter ainsi, et qu’un adieu digne de ce nom valait bien toutes les peines du monde.
Il était partagé, donc, mais bien décidé à ne pas céder. La question, d’ailleurs, ne se posait même pas : Rory ne voulait plus de lui.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Jeu 3 Juil - 10:41

Tant que son amant était à distance, Rory pouvait encore tenir le coup et c’est ce qu’elle avait fait jusque-là. Il avait tour à tour occupé le lit, parcouru la pièce en large et en travers, rejoint la porte puis retrouver le lit pour enfin finir sa course vers la porte. En un mot, il était resté éloigné d’elle. Et c’était tout ce qu’elle demandait pour tenir le coup. Elle savait, en effet, pertinemment, qu’au moindre geste de sa part, à la moindre attention, elle aurait alors toute la peine du monde à lui résister… !

Soudain il avait semblé soulagé, sans que Rory ne comprenne vraiment pourquoi et…c’est alors qu’il s’était avancé…ne la lâchant pas de son regard envoûtant…oh seigneur… ! A cet instant, Rory comprit que le combat était perdu…Il allait gagner…elle allait perdre toute volonté…et se séparer de lui deviendrai un calvaire…Elle ne pourrait plus garder ce masque qu’elle avait pourtant si bien porté jusqu’alors.

Sa prémonition se confirma alors que Jess lui faisait à présent face. Il posa ses mains sur les épaules de la belle et la réaction de Rory ne se fit pas attendre. Immédiatement un long frisson parcouru tout son corps, comme si elle avait été électrocutée par ce simple contact. Cette sensation avait été si forte qu’elle n’avait pas douté une seconde que Jess ait pu la ressentir lui aussi. Troublée au possible, le regard brillant de mille feux, elle baissa immédiatement les yeux afin qu’il ne s’aperçoive de rien. Cet homme avait un pouvoir immense sur elle. Il suffisait d’un simple geste comme celui-ci lorsqu’ils étaient en froid et en elle se rejouait Hiroshima…elle devenait sa victime, ne pouvant plus lui en vouloir une seule seconde… !

Ce qui se produit cependant par la suite la figea totalement, elle ne s’y attendait tellement pas. Lentement il s’approcha. Si elle ne le voyait pas, elle pouvait le sentir. Son corps tout entier était à présent à quelques millimètres de celui de la belle. Puis…son visage sembla s’avancer. Allait-il l’embrasser ?? Le cœur de Rory s’emballa immédiatement à cette idée. Avait-il tout compris et s’apprêtait-il à répliquer de la plus cruelle des façons à tous ses arguments ??? Mais les lèvres du jeune homme ne se posèrent pas sur les siennes…elles choisirent son front…et pour le coup la belle brune se figea.

Finalement, non, il n’avait rien tenté,…peut-être même n’avait-il pas vu clair en son petit jeu comme elle l’avait cru ? Peut-être Jess pensait réellement que la journaliste n’avait plus aucun sentiment à son égard et qu’en l’espace de si peu de temps…elle aurait changé du tout au tout ce qu’elle ressentait pour lui… ! N’avait-il donc jamais eu foi en son amour pour lui pour croire dur comme fer qu’elle était sérieuse ????

Tout aussi lentement qu’il s’était approché, voilà qu’il se défaisait de sa peau, sans pour autant reculer…sans pour autant se défaire d’elle… ! Pinçant ses lèvres l’une contre l’autre, elle finit par trouver le courage d’affronter son regard… ! Toute interrogative qu’elle était, Rory pencha légèrement la tête sur le côté plongeant ses yeux dans ceux de Jess.


-Non…tu n’as pas le droit…

Commença-t-elle pour expliquer son incrédulité. Ils venaient de se disputer. Il devait être furieux contre elle, et non pas chercher à s’en rapprocher, même si son seul but était de lui souhaiter une bonne nuit !!!! Il devait être fâché, il devait se rebeller, ne plus jamais souhaiter recroiser sa route…

-Tu…tu ne peux pas…venir m’embrasser après tout ça… !!!

Le regard de la belle parcourait discrètement – ou non – des aller-retour entre le regard hypnotisant du beau brun et ses lèvres si parfaites…d’autant plus qu’il lui offrait le plus tendre des sourires. Son cœur venait quant à lui de s’arrêter. Comment pouvait-il être permis d’aimer tant une personne au point de rêver que leurs corps se retrouvent et s’enlassent pour ne jamais se relacher…Et en même temps…la chasser de sa vie de la plus cruelle des manières… !!! Et pourtant, c’était bien là ce qui se déroulait dans cette chambre… !

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Ven 4 Juil - 12:35

Il n’y avait plus d’adieu programmé pour ce soir. Cependant il n’avait fait que les retarder au lendemain. Ces deux données lourdes de conséquences dictaient et dicteraient certainement sa manière d’agir jusqu’à ce que l’heure des adieux ait réellement sonné.
Pour l’heure, son mot d’ordre était donc de tenter de profiter d’elle un maximum, chose qui ne s’annonçait pas aussi aisée que cela en avait l’air. En effet, il ne savait plus bien sur quel pied danser avec elle. Il lui était devenu impossible de comprendre ce qu’elle voulait et ce qu’elle ne désirait pas, comme il ne savait plus bien ce qu’il souhaitait lui-même. Il n’arrivait même pas à savoir avec certitude si elle l’aimait ou non. Son regard semblait dire que oui, à présent qu’il n’était qu’à quelques millimètres d’elle, mais après les mots qu’elle venait de lui lancer… Quelque part, il préférait penser qu’elle ne l’aimait plus, cela avait le mérite d’expliquer son comportement de ce soir mais aussi de réduire la part de responsabilité du jeune homme. Sans oublier qu’il serait moins déchirant de la regarder s’en aller s’il était convaincu qu’elle n’éprouvait plus de sentiments à son égard. Dans le cas contraire il aurait souffert mille morts de voir qu’ils ne se laissaient pas la moindre chance, malgré leur amour.
Ses paroles le ramenèrent à la réalité de l’instant, bien que sa première pensée fut de la trouver absolument sublime la tête penchée de la sorte, ses cheveux libres de tout mouvement, ce regard perçant posé sur lui. Bien vite, cependant, il se concentra sur ce qu’elle venait de lui dire. Il n’avait pas le droit… Il n’avait pourtant rien fait… Il se crispa même lorsqu’un mot devenu douloureux franchi ses lèvres : l’embrasser… D’autant qu’il s’en souvienne il n’avait rien tenté de la sorte. Il lui fallut comprendre qu’elle entendait ce mot au sens large pour saisir ses paroles. Le fait était qu’il ne voyait pas bien où elle voulait en venir. Il la regardait en fronçant les sourcils, l’air tout aussi interrogatif qu’elle, espérant qu’elle s’expliquerait. Par mesure de sécurité, néanmoins, il desserra légèrement son étreinte, à contrecœur, prêt à s’éloigner si elle recommençait.

Mais maintenant qu’elle était là, près de lui, entre ses bras… Il n’imaginait pas comment il pourrait la laisser partir. Si elle avait dû s’en aller dès à présent il y avait fort à parier qu’il l’aurait retenue de force le plus longtemps possible.
Fort heureusement, ce n’était pas encore l’heure de ce si déchirant départ. Il l’avait encore toute à lui pour quelques heures… Qu’il ne savait définitivement pas comment mettre à profit.

Avant même qu’il puisse s’en rendre compte le revers de ses doigts caressaient doucement la joue de la demoiselle. Lui, totalement perdu dans le regard de la belle, ne voyait plus rien d’autre. Petit à petit et contre sa volonté il se sentait irrémédiablement attiré vers elle. Il fallait dire qu’elle ne lui facilitait pas vraiment la tâche. La façon qu’elle avait de le regarder, la manière dont elle pressait ses lèvres l’une contre l’autre, ses va-et-vient incessants entre ses yeux et ses lèvres, elle désirait autant que lui que leurs lèvres s’unissent. Hypnotisé qu’il l’était par ce spectacle ses membres n’en faisaient plus qu’à leur tête, sa main s’était arrêtée dans le cou de la jeune femme, ne subsistait plus sur sa joue que son pouce qui la caressait avec douceur. Lentement, il commençait déjà à se rapprocher… Lorsqu'il détourna le regard. Sa main relâcha légèrement sa prise. Il ne ferait rien. Si elle le désirait elle n’avait qu’à le faire elle-même, mais pour lui c’était au-dessus de ses forces, car toujours raisonnait dans sa tête les mêmes mots : c’était une énorme erreur. Il n’y avait qu’elle ou le temps pour les en effacer. Mais pour l’heure il devait être ce qu’elle lui avait demandé d’être : un ami. L’amant ne devait plus avoir sa place ici. Si Jess était resté, l’amant devait prendre la porte, seul devait subsister l’ami, puisqu’il était persuadé que c’était pour ce seul côté qu’il avait encore le droit de se tenir dans cette chambre. Le fait qu’elle veuille l’embrasser n’y changeait rien, il s’agissait là d’attirance, pas d’amour.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Ven 4 Juil - 20:56

L’irréparable avait failli être commis. Comme elle l’avait constaté plus tôt, la belle savait pertinemment qu’à l’ instant où leurs lèvres se toucheraient, toute volonté de sa part s’évaporerait ne laissant à nouveau place qu’à leur amour dévorant l’un pour l’autre.

Jess ne s’était pas éloigné malgré ses supplications, au contraire, il avait d’abord semblé ne pas comprendre, puis il s’était comme figé…et avait ensuite défait son emprise sur elle avant de détourner le regard…mais pour autant il ne s’était pas éloigné. La chaleur de leur corps si proche l’un de l’autre lui montait pourtant doucement à la tête et si cette sensation l’enivrait, elle n’en perdrait pour autant pas pieds. Non car elle se devait de tenir pour lui, et qu’elle ne pouvait pas abandonner si proche du but… !

Dans quelques instants, Jess sortirait de là, meurtri à n’en pas douter – tout autant qu’elle – et Lena le retrouverai et comprendrait immédiatement ce qui venait de se passer. Alors, comme elle le lui avait annoncé quelques instants auparavant, elle ne pourrait pas lui pardonner son geste…et Jess ne le pourrait pas non plus. Ainsi Rory sortirait simultanément de leur vie. Ils retrouveraient leur couple. Ils seraient débarrassés d’elle à jamais. Quant à elle… ? Oh son sort n’intéresserait personne, d’ailleurs elle savait déjà par cœur le programme des jours à venir…elle pleurerait. C’était peut-être puéril, mais, elle renonçait à l’homme de sa vie…c’était comme s’auto-poignarder… ! Elle devait pourtant le faire car elle n’agissait que pour lui. Qu’elle soit au plus bas suite à cela lui importait vraiment très peu.

Mais pour l’heure ils n’en étaient pas là. Elle était là, face à lui. Il ne la regardait plus depuis un moment, bien que de son côté la belle brune ne puisse pas le quitter des yeux. Si elle avait pu…si elle avait trouvé le courage d’être égoïste, elle n’aurait pensé qu’à son bonheur et lui aurait révélé la vérité sur son plan machiavélique… !

Mais quelque chose la retenait…quelque chose de si minime que personne n’aurait pu le voir sinon elle… ! Cette chose…elle l’avait remarqué depuis le début de leur conversation dans le comportement du jeune homme… : Il l’avait cru. Il avait entendu chaque mot qu’elle avait prononcé et pas une seule fois il n’avait tenté d’argumenter, non…il avait tout accepté… !!! Il semblait, certes, affecté voir même très triste et perdu,…mais jamais il n’avait essayé de la faire changer d’avis… !!! Ainsi, peut-être, inconsciemment,…. Lui aussi était au courant. Lui aussi peut-être savait qu’il ne serait jamais heureux avec elle…

Un soupire glissa sur ses lèvres alors qu’elle détournait à nouveau sa tête, s’éloignant à présent de lui, lui glissant des mains telle la plus agile des magiciennes. Cette proximité ne pouvait plus durer…pas sans aller plus loin car, oui, dans la situation actuelle, elle n’avait rêvé que d’une seule chose, l’embrasser. Retrouver ses bras, lui dire combien elle l’aimait et l’étouffer d’amour… !


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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Lun 7 Juil - 23:59

Elle était si près de lui que c’était une torture extrême que de ne pas pouvoir se rapprocher encore. Jess sentait la chaleur de son corps, la douce respiration qui soulevait sa poitrine, son odeur enivrante, la douceur de sa peau… Mais il n’avait pas le droit de s’approcher plus.
S’il s’était écouté… Il se serait laissé aller à la passion, enfin. Il aurait serré Rory contre lui pour ne plus jamais la lâcher. Il l’aurait embrassé jusqu’à en mourir étouffé. Au lieu de cela, c’est dans le silence et l’inaction qu’il étouffait, tout en mourant d’amour, il agonisait de ne pas bouger.
Son cœur criait de plus en plus fort qu’il ne devait pas la laisser partir, qu’il devait se battre, parce qu’il l’aimait avec une force qu’il ne s’était jamais connu. À nouveau, comme au bon vieux temps, il était prêt à tout pour elle, prêt à mourir pour un seul regard, prêt à se battre comme un lion – ou plutôt un renard. Sauf qu’il restait une chose contre laquelle il n’arrivait pas à se rebeller, c’était l’image qu’elle avait de lui – du moins l’image qu’elle lui renvoyait de lui-même. Elle avait parlé, elle lui avait fait comprendre qu’elle avait fait une erreur, mais surtout qu’il en avait fait une, qu’il s’était conduit comme un imbécile une fois de plus… Et contre cela il ne pouvait se battre, car il est impossible de contredire une personne qui a raison.

Cette proximité le tuait donc à petit feu. Il aurait alors dû être heureux qu’elle s’échappe de ses bras.
Pourtant, ce fut un coup de poignard de plus. C’était comme la matérialisation de leur relation : elle le repoussait physiquement comme elle venait de le faire émotionnellement. Elle ne voulait plus de lui, sur aucun des tableaux. Elle le rejetait une ultime fois. Lui qui pensait innocemment pouvaient passer quelques heures, au moins quelques minutes, ensemble en se comportant comme des amis.  Pour sa part, il aurait rêvé d’avoir l’occasion d’agir avec elle comme l’ami qu’il avait toujours été, celui qui voulait briller aux yeux de la belle, lui faire comprendre à quel point elle l’aimait et se devait d’être avec lui, comme celui qu’il avait été autrefois, à Stars Hollow, et qui l’avait si rapidement touchée. Pour tout dire, il était vexé, blessé de voir son désir de s’éloigner tant de lui. Pour la dernière fois il la laissait partir sans batailler, dès lors il ne lui laisserait plus l’occasion de se rapprocher encore. Cette fois c’était le coup de trop, elle le repoussait une fois pour toute. Il se devait de partir, avant de s’effondrer de tristesse sous ses yeux.
Alors qu’il détournait le regard pour éviter qu’elle n’y voit sa souffrance, ses yeux se perdirent sur la fenêtre. Ils y restèrent attachés un long moment lorsqu’il prononça à mi-mots une phrase qui lui échappa :


« Je suis désolé qu’on en arrive là par ma faute... Encore. »

C’était la vérité. Il était profondément désolé, cependant il aurait réellement préféré ne pas le dire, parce qu’il avait du mal à l’avouer. D’un autre côté il fallait bien qu’il s’excuse, pour une fois.
Il se retourna vers elle en souriant avec sa douceur et sa tendresse habituelles. Si extérieurement il paraissait calme intérieurement il bouillonnait. En effet, il souffrait de la voir agir de la sorte. N'y avait-il que lui pour pâtir de leur séparation physique ? Ne brûlait-elle pas, tout comme lui, de l'embrasser encore ? Ils allaient se séparer pour toujours, ils ne se reverraient plus jamais, et pourtant elle semblait sereine, comme si tout ceci ne la touchait pas. Lui qui ne désirait qu'un adieu digne de ce nom n'était pas en mesure de comprendre qu'elle ne puisse rien éprouver. Sans parler de ses sentiments actuels, qu'elle disait amoureux, ils se connaissaient depuis de longues années, ce n’était pas simplement la fin d'une relation mais la fin d'une ère. Et elle ne s'en émouvait pas... Lui qui ne désirait que de se laisser aller à ses sentiments , à sa passion, avant qu'il ne soit défintivement trop tard, ne pouvait que mourir de son indifférence. Il ne pouvait avoir à cela qu'une simple explication : elle ne l'aimait pas. Du moins, elle ne l'aimait plus.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Jeu 17 Juil - 11:43

À cette phrase qu’il prononça, Rory ne put s’empêcher de tressaillir et de retourner son regard sur lui. Il se tenait là, à quelques pas d’elle, la regardant avec tant de tendresse qu’elle aurait pu fondre sous un tel regard… ! Jess était un homme admirable, même alors qu’elle lui faisait subir les pires horreurs, il semblait ne pas lui en vouloir un seul instant…à moins que…ne l’aimait-il pas autant qu’elle l’aimait elle ? Après tout, il paraissait si serein…

Un instant prise de doute, elle laissa tomber toutes ses barrières, dévoilant toute la tristesse qui l’envahissait depuis le début de leur conversation. Toute la douleur du monde passa sur son visage d’ordinaire si doux, mais elle ne s’en aperçu pas, bien trop occupée à comprendre le détachement dont faisait preuve l’homme qu’elle aimait.

Se pouvait-il qu’elle ait réussi ? Se pouvait-il que ses mots aient fait mouche ? Jess avait peut-être compris…et il allait retrouver les bras de Lena. C’était peut-être idiot, étant donné qu’elle l’avait poussé dans cette direction elle-même…mais elle ne put s’empêcher alors d’être perturbée par cette constatation. Elle le perdait. Lui qu’elle connaissait depuis des années, lui qu’elle avait aimé, perdu et retrouvé avec plus d’amour qu’hier… elle le perdait en cet instant et ne le retrouverait plus jamais…cette fois-ci le destin se jouait pour de bon.

Baissant le regard au sol, elle lui tourna une nouvelle fois le dos, non sans avoir acquiescé auparavant en souriant – ou du moins en essayant. En elle, un torrent de peine se déchainait, prêt à déborder à tout instant. Elle n’était pas seulement triste, elle était détruite. Elle se détruisait elle-même… ! Ce qu’elle pouvait être masochiste par moments. Mais elle ne perdait pas de vue le but principal de toutes ces souffrances : Le bonheur de Jess.

D’ailleurs à ce propos, elle n’avait pas oublié son étonnement premier en l’entendant parler quelques instants plus tôt. Rien de tout cela n’était de sa faute. Pourquoi diable pensait-il ainsi ? Elle était seule responsable !! Il n’avait pas à s’en vouloir. Elle avait tout mis en place toute seule comme une grande et même Lena qui avait pourtant essayé n’avait pas réussi à la faire changer d’avis. Elle partirait dès le levé du soleil et leurs routes se sépareraient à jamais. Oh ils pourraient certes se recroiser au détour d’une rue peut-être…mais elle aurait tout brisé…et de ce fait ils ne s’échangeraient alors que des banalités, sans que du côté du jeune homme il n’y ait plus aucun sentiment pour la belle brune. De son côté, elle savait pertinemment que cette soirée n’était que le début de sa souffrance… ! Si elle venait à le recroiser, elle saurait se montrer forte et enjouée, mais intérieurement, elle souffrirait certainement encore une centaine d’année… ! Après tout, Jess restait synonyme pour elle de l’amour avec un grand A. Tout ce qu’elle avait connu avec Dean,…avec Logan,…tout semblait si fade en comparaison de ce qu’elle vivait avec Jess. Elle n’en était pas convaincue, elle le savait au plus profond de chaque cellule, de chaque atome de son corps. Jess était et resterait l’homme de sa vie.

Mais elle s’écartait du sujet principal, voulant son bonheur, elle ne pouvait pas le laisser partir en le laissant croire qu’il était responsable de tout cela. Elle allait donc faire son possible pour « remettre l’Église au milieu du village ».


-J’en suis désolée moi aussi…mais rien n’est de ta faute Jess…

Elle était restée dos à lui, mais pas statique. Si le fait de lui faire face était devenu impossible, elle avait trouvé préférable de s’éloigner encore de quelques pas…pour être plus forte, tenter de se montrer plus détachée encore…même si sa voix la trahissait passablement.

-Tu n’as pas à t’en vouloir de quoi que ce soit…cela devait juste se terminer comme ça…

Elle était arrivée face à une petite étagère, effleurant le meuble du bout des doigts, elle s’efforçait de rester forte. Il le fallait, pour que tout se termine dans les meilleures conditions pour lui. Elle savait qu’il serait probablement un peu…triste était-il vraiment le mot ? Perturbé quelques instants tout au plus ? Mais avec Lena à ses côtés…et aux vues du détachement dont il semblait faire preuve – il avait réussi à sourire avec tant de tendresse…tant de gentillesse… !! Était-ce possible lorsque l’on souffrait vraiment ? - il s’en remettrait vite… !! Elle en était persuadée.

Pour l’heure…elle sentait petit à petit ses forces l’abandonner. Elle devenait faible et avait de plus en plus de difficultés à cacher ses réels sentiments, toute sa souffrance… ! Déjà elle sentait les larmes au seuil de ses yeux et elle ne pourrait plus les retenir longtemps. Jess devait s’en aller. Il ne devait pas la voir craquer, sans quoi tout son plan tomberait à l’eau.

-Je suis fatiguée…j’aimerais aller me coucher si ça ne te dérange pas…

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Sam 2 Aoû - 13:16

Cette tristesse… Jess avait le sentiment qu’elle se dévoilait enfin, qu’elle laissait tomber les masques, qu’elle mettait fin à cette mascarade, pour apparaître enfin telle qu’elle était réellement, au plus profond de son être : une femme d’une tristesse infinie. Il faillit avancer mais elle le regardait avec tellement d’insistance, avec un regard si perçant et empli de tant de tristesse qu’il en resta comme pétrifié.
En outre, le jeune homme était considérablement perdu. Il ne comprenait pas la raison de toute cette comédie si elle en souffrait autant. Il n’arrivait pas à saisir en quel honneur elle le rejetait de la sorte si elle avait tant envie d’être à ses côtés… Il n’y avait alors pas beaucoup de solutions. Soit elle n’était pas triste de le quitter, mais simplement touchée de voir qu’il ne rejetait la faute que sur lui-même. Soit elle était effectivement toujours attachée à lui mais ne supportait plus la façon dont il la traitait. Ou encore, enfin, elle pleurait en souvenir du bon vieux temps, elle se souvenait des jours heureux et cela la blessait.
Il restait donc pétrifié, son esprit essayant tant bien que mal de forcer ses jambes à avancer enfin, lorsqu’elle ouvrit la bouche. Son corps tout entier se détendit alors, prêt à l’écouter, à analyser ses paroles, à répondre. Il remettait à plus tard la perspective d’un rapprochement physique.

Il sourit tout d’abord, avec tristesse, ce qui donnait à son sourire un ton légèrement ironique plutôt dérangeant. C’était bien aimable de la part de la demoiselle que d’essayer de la sorte de le dédouaner, mais c’était inutile. Elle pourrait lui dire n’importe quoi, ce qu’elle voulait, il n’était pas naïf, il savait très bien qu’il était la cause principale de tout ce cinéma, s’il en était profondément affecté il ne l’en acceptait pas moins avec fatalité.

Il leva ensuite les yeux au ciel. Le destin, mais bien sûr… Il y avait cru, lui aussi, au destin, pendant des années… Quand il voyait le résultat… Il avait cru à cet amour si fort que rien jamais ne pourrait détruire. Il avait cru qu’il avait droit à une énième chance, en raison de sa transformation. Il avait cru qu’elle était la femme de sa vie et qu’à ce titre tout finirait un jour par s’arranger. Mais l’espoir est le plus douloureux, le plus triste des bonheurs. C’est grâce à lui que l’on vit, à cause de lui que l’on meurt. Il avait vécu pour lui, comment ne pas mourir avec lui ?
C’était déjà ce qui avait failli le perdre, quelques années plus tôt. Il s’en était sorti, il avait réussi miraculeusement à sortir la tête de l’eau… De là à dire qu’il aurait la force de reproduire le même exploit…
Le destin était pernicieux, ou il n’existait pas, c’était là toutes les explications qu’il pouvait fournir pour expliquer leur situation. En effet, comment justifier sinon qu’ils aient vécu tant d’épreuves pour en arriver à cet instant précis, pour finir par se déchirer, par se dire un adieu éternel ?
Cette fois, blessé par sa souffrance plus que par le chagrin atroce qu’il ressentait lui-même, il était bien décidé à s’approcher. Intérieurement il se débattait chaque seconde avec plus de force, plus de conviction, mais aussi plus de panique, comme s’il était maintenant à deux doigts de sombrer pour de bon. Il devait se révolter, c’était sa dernière chance de le faire, tant qu’elle était si faible, tant qu’elle lui ouvrait ainsi la porte à son cœur. Il n’en eut pas le temps.

À présent, elle le chassait, d’une façon qu’il trouva fortement désagréable. C’était donc toujours, avec elle, la même chose… Un pas en avant, quatre en arrière. Il avait raté le coche, elle s’était refermée comme une huître, il n’avait plus qu’à lui obéir à contrecœur. Il soupira d’abord, resta quelques instants sans bouger, ne comprenant décidément plus ce qu’elle attendait de lui, puis se dirigea finalement vers la porte. Cette bataille l’avait épuisé aussi, il fallait qu’il se repose un peu, du moins mentalement, dans l’espoir idiot d’attaquer peut-être un second round plus tard.

Il ouvrit la porte avant de se retourner vers elle et de lui adresser le plus tendre, le plus amoureux des sourires, contrastant de manière choquante avec la tristesse qu’il avait, involontairement, laissée s’exprimer à travers ses pupilles.
Puis il franchit le seuil et referma la porte. Il ne lui restait plus qu’à prier. Prier pour qu’il ne passe pas les prochaines années à ressasser ces quelques semaines sans cesser de chercher la plus infime des erreurs qu’il avait faite.

À peine fut-il dehors que Lena, qu’il pensait pourtant coucher, se dirigea vers lui avec sa rapidité et sa légèreté habituelle… Jusqu’à ce qu’elle remarque la mine dépitée, déconfite, de son compagnon. C’est alors de sa douce démarche féline qu’elle franchit les derniers mètres pour se planter devant lui. Les yeux plantés dans les siens elle ne dit rien, étonnamment, attendant simplement qu’il lui dise ce qu’il avait sur le cœur.


« Je l’ai perdue… Définitivement. »

Il n’avait plus la force de jouer la comédie à nouveau, aussi sa voix laissa transparaître toute sa douleur. C’était injuste, il ne pouvait faire cela à Lena… Et pourtant, elle était la seule en mesure de l’aider.
Il savait les portes fines, il connaissait assez l’appartement pour savoir que Rory n’aurait pas besoin de tendre l’oreille pour entendre tout de la conversation qui allait suivre s’il ne quittait pas l’endroit… Mais puisque tout était perdu à quoi bon s’en faire ?

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Lun 4 Aoû - 12:41

Lena était en chemin, elle n’avait pas pu aller se coucher, pas sans connaître l’issue de la discussion qui se déroulait quelques mètres plus loin. Elle n’était pas très fière d’elle, la curiosité était un de ses plus grands défauts… mais connaissait assez son appartement pour savoir que le simple fait de se trouver dans ce couloir lui permettrait d’entendre des bribes de ce que Rory et Jess pouvaient bien se dire. Au pire des cas, elle pourrait toujours prétexter qu’elle était à la recherche de Gloria.

Mais elle n’eut pas loisir de se servir de son excuse. Elle n’avait pas fait deux pas que Jess sortait à présent de la chambre d’ami, refermant la porte après son passage. Elle ne remarqua pas tout de suite son visage, raison pour laquelle sa démarche enjouée avait d’abord pris le dessus…elle était pressée de retrouver son fiancé. Mais très vite son regard détecta quelque chose d’étrange…Jess n’allait pas bien. L’air préoccupé et d’avance furieuse contre son invitée, elle pressa le pas pour venir se planter devant le beau brun, bien décidée à lui rendre le sourire. C’est alors que Jess pris la parole. Les mots qui sortirent de sa bouche furent courts, précis et si bien choisis qu’elle s’en sentie presque touchée. Mais elle ne devait pas penser à elle, Jess avait la priorité.

La première chose qu’elle fit, fut de se rapprocher. Elle avança jusqu’à prendre le jeune homme entre ses bras et l’enlacer tendrement. Ce faisant, un autre plan naissait déjà dans son esprit. Un plan dans le but d’arrêter cette comédie idiote entre les deux amis. Ils avaient des sentiments l’un pour l’autre alors, pourquoi continuer cette guerre ridicule !?

Enfin elle défit son étreinte et se hissa à ses lèvres pour l’embrasser brièvement avant de retrouver le contact avec le sol. Là, elle lui offrit un sourire tendre et réconfortant. Elle s’adressa ensuite à lui presque dans un murmure, bien que fermement. Le but de tout cela était bien entendu de n’être pas entendu par Rory car si elle avait pu les entendre du bout du couloir, leur invitée ne manquerait pas une miette d’une discussion qui se déroulait juste devant sa porte si les deux protagonistes n’y prettaient pas attention.


-Rien n’est jamais définitif ! Alors tu vas retourner là-dedans et tu n’en sortiras pas tant que vous ne vous serez pas expliqué et entendu !!!

Jess eu l’air hésitant, détournant le regard. Lena agrippa le menton du beau brun pour le forcer à la regarder

-Si tu n’y retournes pas, c’est moi qui irais !! Tu as le choix…



......


Jess était à peine parti que les larmes Rory coulèrent silencieusement, comme enfin libérées après une trop longue détention. Les yeux rivés sur le sol, elle avança, à bout de force jusqu’au lit. Elle s’y assit. Là, elle retira son pantalon, ainsi que son pull, et enfila un short et un top blanc avant de relever les yeux sur la porte. Jess devait déjà avoir retrouvé Lena dans sa chambre… ! Un soupir franchit ses lèvres. C’était sa dernière nuit, les dernières heures qu’elle passait sous le même toit qu’eux… !

Elle ne pouvait empêcher son esprit de rejouer en boucle cette toute dernière conversation. Car, si elle avait accepté qu’il la reconduise demain, leur futur échange verbal ne serait que pure politesse. Alors que les larmes continuaient de couler, la belle s’était alors laissée tombée sur le dos et à présent, son regard était à présent rivé au plafond. Cependant elle ne le voyait pas, tout ce qu’elle pouvait voir, c’était le regard…et le sourire de Jess…ce dernier regard plein d’amour…la tendresse de son sourire… ! Elle aurait tant aimé lui dire à quel point elle aussi l’aimait mais tout s’était au final déroulé selon les plans de Rory. Jess ne pourrait plus jamais l’aimer. Il n’aurait plus à choisir entre Lena et elle. Il vivrait désormais heureux auprès de sa fiancée. Tout se déroulait selon ses plans, pour son plus grand désespoir… !

Les poings serrés, la belle ferma les yeux dans le but d’effacer cette image de son esprit.




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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Sam 9 Aoû - 23:01

La seule présence de Lena près de lui était d’un réconfort déconcertant. Avant même qu’elle fasse le moindre geste, avant qu’elle ne prononce le moindre mot il se sentait déjà apaisé. Il était triste, certes, désespéré, peut-être, mais d’un calme étrange. Il le savait, Lena ne faisait que le lui rappeler, tenter de se battre, de se révolter avec colère et puissance n’arrangerait rien, empirerait même peut-être les choses. Seulement, il n’avait plus vraiment la force de se battre avec diplomatie, il était énervé et dépité, ce qui pompait une grande partie de son énergie, le reste fondait à vue d’œil dès lors qu’il tentait de faire semblant d’aller bien… Il était temps pour lui d’abandonner avant de tomber d’épuisement. Puisque de toute façon il avait déjà tout essayé pour la faire changer d’idée il n’y avait à présent plus rien à faire.
Lorsque sa douce compagne s’approcha un peu plus de lui un soupir de contentement franchit ses narines. Ce geste simple le réconfortait déjà grandement. Il savait qu’elle était là, qu’elle y resterait quoi qu’il se passe, et qu’elle seule pouvait encore le comprendre. À terme, elle saurait trouver les mots, elle saurait alléger sa peine.
Tendrement, il la serra contre lui. L’odeur de ses cheveux, son corps frêle contre le sien, la tendresse de ses caresses… Il retrouvait tout cela avec un plaisir qui calmait légèrement son chagrin. Il caressait avec tendresse ses cheveux alors que sa main libre s’affairait à maintenir la taille de la jeune femme le plus proche possible de la sienne. Sa tête, quant à elle, s’était doucement posée sur celle de la demoiselle. Il aurait pu rester des heures ainsi, car bouger signifiait la quitter, même de quelques centimètres, et la quitter aurait été retrouver ses démons avec plus de force encore. Elle était son épouvantail, son porte-bonheur, son attrape rêve.
Malheureusement pour lui, elle se détacha bien vite, sans pour autant vraiment s’en aller encore. C’est alors qu’il retrouva ses lèvres pour un court baiser.
Malgré ce qu’il venait de se passer avec Rory il n’en était pas moins toujours irrémédiablement amoureux de Lena. Nonobstant la peine profonde que lui avait causé sa discussion récente il n’en éprouvait pas moins de plaisir en retrouvant son officielle. Contrairement à ce que l’on pourrait croire ce plaisir était à lui seul une source de souffrance. Cette histoire était idiote, il ne pouvait pas impunément aimer deux femmes, il ne pouvait pas continuer à montrer à l’une la souffrance que lui causait l’autre, il ne pouvait pas continuer à faire souffrir celles qu’il aimait à cause de son amour pour une autre. Rory avait finalement raison, il fallait qu’ils se séparent, cependant elle se trompait sur un point : c’était à lui de partir, pour les laisser enfin en paix. Il ne pouvait qu’imaginer ce qu’il pourrait ressentir en se séparant des deux femmes pour lesquelles son cœur avait battu, les deux seules pour qui il avait été capable de tout, du pire comme du meilleur, mais il n’avait plus vraiment le choix. Souvent on lui avait répété que rien n’arrivait pour rien et que de ses erreurs il fallait apprendre, sa mère particulièrement était encline à penser que les erreurs qu’il avait pu commettre tout au long de son adolescence était un rituel obligatoire, presque initiatique, pour devenir un homme intègre. Il ne lui resterait plus qu’à se raccrocher à cette idée, à rester convaincu jour après jour, heure après heure, que tout ceci lui permettrait de réussir à la perfection sa prochaine relation. Il ne pourrait alors plus que déplorer de ne pas y être arrivé avant et d’avoir alors laissé s’échapper deux femmes remarquables dont la femme de sa vie.

Puis, enfin, après un temps qui parut interminable au jeune homme, elle parla. En un murmure qui lui valut un regard blasé de la part de Jess, qui n’avait visiblement pas cure d’être entendu, elle tenta de le convaincre qu’il fallait qu’il retourne immédiatement dans cette chambre et n’en ressortir que lorsque la situation lui serait plus favorable. Il la regarda avec tendresse, avec l’indulgence que l’on a à l’égard des enfants qui disent des bêtises par ignorance.
Puis il détourna le regard. Ces yeux perçants, pleins de naïveté, d’amour et de gentillesse, pleins aussi d’une détermination à faire obéir le plus rebelle, lui devenaient chaque seconde plus difficiles à soutenir. Elle pourrait lui dire ce qu’elle voulait, lui faire les yeux doux ou exiger qu’il retourne illico de là où il venait, rien n’y ferait, il était hors de question qu’il remette un pied dans cette satanée pièce… Mais de là à le lui dire clairement… Il redoutait sa réaction, il avait soudain l’impression d’être lâche, de ne pas être en mesure d’assumer la conséquence de ses actes. Il ne voulait pas qu’elle le voit sous ce jour comme il détestait qu’elle voit sa peine.
Bien contraint, il la regarda à nouveau. À présent sa détermination sans faille se lisait sur chaque trait de son visage, dans la tension de chacun des muscles de son corps. Il en eut de la peine, elle était décidément bien prête à se démener, à se battre corps et âme pour lui… À ses dépens. Mais ce qu’elle dit lui ramena rapidement les pieds sur terre en le menaçant de rentrer à sa place s'il ne dégantait le faire. Pourtant, pour le jeune homme ce n'était pas réellement une menace. Elle pouvait rentre si cela lui chantait, il ne s'en formaliserait pas, lui avait assez donné aujourd'hui, il s'était assez cassé les dents pour ne pas compter y retourner de si tôt... Qu'elle aille de faire envoyer paître alors son tour si elle ne voulait l'écouter.


« Vas-y si tu veux, mais ça ne servira à rien. Je connais les Gilmore bien mieux que toi. Elle est aussi têtue que sa mère, tu n’en tireras rien. »

Une fois encore, Jess avait parlé sans se cacher, aussi fort qu’il l’aurait fait s’ils avaient été à l’autre bout de l’appartement. Inconsciemment, peut-être cherchait-il, justement, à ce que la femme qui se tenait seulement à quelques mètres de lui et qui, pourtant, était si loin, l’entende distinctement. Peut-être cherchait-il simplement à lui faire comprendre ce qu’il endurait après ce rejet, ce qu’il avait été incapable de lui montrer en face. Peut-être cherchait-il à se faire comprendre et à s’excuser une ultime fois…

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Dim 10 Aoû - 19:12

Et les paroles du beau brun n’avaient pas manqué effectivement d’atteindre l’oreille de la jeune Gilmore. Ainsi donc, il était encore là ? Juste devant sa porte ? Et puisqu’il ne parlait certainement pas tout seul…et qu’elle le voyait mal sortir cette phrase à Gloria, il fallait croire que Lena aussi squattait le pallier de la chambre qu’elle occupait. Mais Rory n’arrivait pas à s’en préoccuper…elle était bien trop piquée par les mots qui venaient de franchir les lèvres de son amant. Il la trouvait donc bornée ?? Et il osait en plus insulter sa mère ?? Lâchant un grognement de rage, elle balança son oreiller - qu’elle avait saisi auparavant – contre la porte. Cela n’aurait pas le mérite d’être bruyant, mais le bruit suffirait à montrer à Jess et sa fiancée qu’elle avait entendu et désapprouvait totalement. Elle ? Têtue ?? Dans quel monde vivait-on ! D’accord elle avait des idées bien arrêtées sur certains sujets mais elle savait aussi se montrer conciliante et changer d’avis et le reconnaitre quand elle avait tort. Têtue !? Et Lorelai aussi ?? N’importe quoi !! Elles étaient toutes deux loin d’être parfaites…mais ce n’était certainement pas un trait de caractère qui les décrivait. Jess n’avait visiblement jamais employé de miroir car en la matière, il devait posséder la médaille d’or !

Excédée, son regard foudroyant la porte derrière laquelle il se trouvait, elle croisa les bras dans un nouveau soupire de rage. Mais elle allait très vite se calmer. Après tout, elle était seule coupable de cette insulte à peine voilée. Elle avait voulu qu’il la haïsse. Elle avait réussi. Ainsi dans quelques heures elle pourrait partir le cœur gros certes, mais avec le sens du devoir accompli car désormais Jess n’aimerait plus qu’une seule femme, celle qui lui était destinée, celle avec qui il riait et partageait une complicité certaine, pour résumé, la femme qui le rendait heureux.

Se laissant retombée sur le dos, Rory entreprenais donc de se calmer, se remémorant les raisons qui les avaient conduit jusque là.

****

L’effet escompté par Rory ne manqua pas et Lena eu un léger sursaut entre les bras de son compagnon ; son regard se fixant immédiatement sur la porte. Puis elle retourna un visage amusé vers Jess, frappant son petit poing d’un coup sec sur la poitrine de ce dernier avant de reprendre plus bas.


-Tu ne pouvais pas parler plus fort !?

Malgré tout elle était amusée par la réaction de la brunette. Ce geste qu’elle venait d’avoir était des plus infantiles. Mais il avait le mérite, aux yeux de Lena, de montrer une chose : la vérité sur ce que ressentait vraiment Rory. Aurait-elle réagi de la sorte si tout était réellement fini ? Si ce que disait Jess ne comptait plus pour elle ? Certainement pas.

-Très bien, si tu ne veux pas y retourner, je ne pourrai pas te forcer.

Elle se hissa une nouvelle fois jusqu’aux lèvres parfaites de son cher et tendre avant de l’embrasser brièvement puis lui échappa des bras et parti en direction de la porte.

-Dans ce cas, si elle n’est plus la bienvenue sous ce toît…tu ne m’en voudras pas de la mettre à la porte immédiatement ?

Elle était à présent très sérieuse, extérieurement du moins. Son but ? Faire réagir le beau brun naturellement.

-Tu peux aller te coucher. Je m’en charge. Oh, une dernière chose...en passant tu peux faire appeler un taxi s’il te plait ? Je resterai avec elle jusqu’à son arrivée. Bonne nuit mon chéri.

Déjà elle faisait mine de rejoindre la porte, sa main prête à actionner la poignée. Il y avait un risque dans ce petit jeu : que Jess le prenne totalement au sérieux. Si tel était le cas, Lena s’en trouverai certainement choquée, mais elle avait pesé le pour et le contre et savait donc que c’était là la dernière carte à jouer. Si tout se déroulait selon ses plans, Jess la stopperait et entrerait à sa place dans la chambre de Rory. Si au contraire tout allait mal, il irait appeler ce taxi et les deux amis se quitteraient fâchés à jamais. Lena devait avouer que le côté négatif ne lui déplairait pas. Si cela se produisait, elle récupérerait son amour, Jess serait à nouveau tout à elle. Mais elle ne pouvait pas agir de façon si égoïste…ce n’était pas elle. Aussi serait-elle tout autant ravie si Jess décidait de laisser là sa fierté et de se précipiter aux côtés de Rory pour la secouer. En un mot, tout dépendait à présent de Jess.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Lun 11 Aoû - 22:17

Une réaction qu’il n’attendait pourtant pas ne tarda pas à se faire entendre. Soudain, peu de temps seulement après qu’il eût fini de parler, la demoiselle derrière la porte sembla manifester son mécontentement en jetant contre cette dernière un objet probablement mou.
Dans un premier temps, le jeune homme en resta pantois, quelque peu troublé. En effet, s’il parlait de la sorte, si librement, alors même qu’elle ne pourrait manquer une miette de leur conversation c’était avant tout car il était convaincu que plus rien ne pouvait la toucher. Mais si tel était le cas pourquoi agir ainsi ? Si elle était tant décidée à partir, si elle le haïssait tant qu’elle le semblait pourquoi se préoccuper de ce qu’il pouvait penser ?
Mais bien vite ces questions laissèrent place à l’agacement, en partie parce qu’il ne supportait plus de ne pas la comprendre. Parce qu’il avait une envie irrépressible, en cet instant, d’aller la calmer, la consoler, lui parler, malgré qu’elle venait profondément de le blesser, malgré qu’il comprenne aisément qu’ils n’étaient plus sur la même longueur d’onde et que lui parler ne ferait certainement qu’empirer les choses. En partie gratuitement, simplement parce qu’il était inconsciemment en colère contre elle de l’avoir repoussé, une fois encore, comme elle venait de le faire. Pour ces raisons ce fut d’abord un regard noir, teinté de reproche et de colère, qu’il adressa à la porte, le regard de quelqu’un près du gouffre, qu’il ne faut pas continuer à énerver sans craindre le voir exploser.
Cependant, contre son gré, en une fraction de seconde son comportement changea pour s’adoucir terriblement. Elle faisait sa mauvaise tête, et ces accès de mauvaise humeur, loin de lui déplaire, contribuait grandement à l’amour qu’il éprouvait pour elle, peut-être même plus que ses qualités. Bon sang, ce qu’il pouvait l’aimer ! Son cœur se serra une fois nouvelle, avec une violence jamais égalée. Il l’aimait avec une force qui emportait son être entier, qui le faisait à présent mourir à petit feu. La plus petite parcelle de son corps n’avait à présent plus de cesse de crier un amour ineffable. Il l’aimait plus qu’il n’était d’ordinaire possible d’aimer, plus qu’il était sain d’aimer. Il l’aimait comme jamais, ô grand jamais, il ne pourrait aimer quelqu’un d’autre. Et il la perdait. Une nouvelle douleur dans sa poitrine lui fit détacher des yeux la porte, qu’il regardait à présent avec une tendresse infinie. Presque immédiatement il resserra son étreinte atour de la femme à ses côtés.

Ce qu’il vit alors contribua à calmer son tourbillon intérieur. Elle était là, le regard amusé, avec indulgence, prête à aimer, à pardonner et à se sacrifier comme la Sainte Vierge. Son demi-reproche eut le mérite de faire sourire le beau brun qui ouvrit immédiatement, pour quelques secondes seulement, de grands yeux pleins de défi.


« J’peux toujours essayer. »

Il n’y avait décidément qu’elle pour l’apaiser de la sorte, par un simple mot, par un simple regard. Il ne lui en serait jamais assez reconnaissant.
Étrangement, de la porte à elle, son regard n’avait pas changé. Il la regardait avec le même amour, la même abnégation qu’il regardait Rory. Il l’aimait d’être là, il l’aimait d’être ce qu’elle était, il l’aimait de se sentir aimé. Pour l’une des premières fois de sa vie il se rendait compte à quel point elle pouvait être, parfois, son équilibre, combien sa dévotion l’aidait à se sentir mieux. Cet amour, sain et équilibré ne pouvait être que bénéfique au grand torturé qu’il était.
C’est alors que la jeune madone reprit la parole. De son côté il resta figé presque entièrement tout le long de son discours, comme abasourdi. Il la laissa d’abord s’éloigner soulagé de n’avoir pas à se battre contre elle, en plus de se démener avec Rory. Mais bien vite dans ses yeux naquirent les étincelles de l’incompréhension. Elle ne pouvait être sérieuse, il n’était pas vraiment du genre de Lena de mettre ainsi les gens à la rue, d’autant en pleine nuit. Ceci étant dit, elle avait de nombreuse raison d’en vouloir à son invitée, et il la connaissait assez pour savoir qu’à ses yeux le simple fait de faire souffrir l’homme qu’elle aimait était un motif suffisant de renvoi immédiat.
Il n’eut guère le temps, en outre, d’analyser la situation. Sa réaction fut plus rapide que sa pensée. D’un geste, il posa à son tour la main sur la poignée, sur celle de sa compagne, qu’il serra avec amour mais aussi supplication, bien qu’il refusa toujours aussi farouchement d’entrer dans cette pièce. Les mots fusèrent à l’instant même où il commençait à agir, sans plus se préoccuper encore de s’il allait être entendu.


« Lena, non ! Je… Elle ne veut peut-être plus me voir, le jeune homme détourna brièvement le regard alors que sa voix laissait transparaître bien plus de peine qu’il ne l’aurait voulu. Mais elle reste la bienvenue. »

Et pour cause, elle avait beau l’avoir rejeté comme le plus détestable des hommes seulement quelques minutes auparavant il n’en était pas moins toujours aussi irrémédiablement amoureux d’elle. Il l’aimait assez, il le savait, pour passer l’éponge en un temps record si elle avait seulement quelques mots d’excuse en son encontre. Il détestait cela, ce sentiment d’être vulnérable au point de laisser à un autre le soin de décider de ses joies et de ses peines, au point de ramper idiotement devant la porte de cette chambre en espérant un signe d’elle.

Ce nouveau contact n’eut, toutefois, pas réellement l’effet escompté. Bien malgré lui il se perdit dans la contemplation de sa compagne. Il frémissait de voir à quel point, même dans un moment pareil, la sublime blonde était capable de lui faire de l’effet. Il continuait à la regarder avec amour et envie, il continuait à aimer en elle le plus petit détail, alors qu’au même instant son cœur pleurait pour une autre.
Sans plus réfléchir il s’approchant, lâchant presque à regret sa main pour placer la sienne sur la cambrure de ses reins avant de l’embrasser avec fougue. C’était idiot et totalement immature. Rory ne manquerait rien du spectacle si elle ouvrait la porte et elle pourrait s’en douter à leur récent silence. Lena, quant à elle, aurait pu se sentir perdue, voire vexée, d’être traitée de la sorte alors qu’elle voyait à présent clair dans leur jeu. Il avait très certainement l’air d’un enfant, irréfléchi et irresponsable, qui n’agissait qu’en suivant ses instincts et ses besoins. Mais le fait était que ce rapprochement lui était nécessaire, comme si, par ce geste, il voulait prouver à Lena que, malgré ce qu’elle pouvait saisir, il l’aimait encore, avec peut-être même encore plus de force que jusqu’alors.
Ce petit jeu qui, jour après jour, déchirait son être avec plus de violence était malsain… Ne restait plus qu’à parier sur qui tomberait à terre le premier.

Le fait était qu’il ne savait plus bien à qui dire adieu ni comment. Rory partait pour de bon et il ne pouvait rester avec Lena après ce qu’elle venait de voir… Somme toute il devait leur faire ses adieux à toutes deux, de la meilleure façon qu’il soit pour n’en garder, cette fois, aucun regret. Il n’avait qu’une nuit pour le faire. Une nuit, deux femmes… C’était bien là le dilemme de sa vie.
Plus encore que jamais il se refusait à en sacrifier une au profit de l’autre, mais tenait aussi trop à elles pour ne pas leur faire d’adieu digne de ce nom. Il fallait qu’il retourne dans cette chambre. Il ne pouvait pas perdre la femme de sa vie, il ne pouvait pas la laisser partir de cette façon, pas sans lui dire au revoir comme il aimerait pouvoir le faire, pas sans lui avoir dit tout ce qu’il avait à lui dire, pas sans avoir fait ce qu’il rêvait de faire avec elle. Oui mais… Oui, mais il savait très bien que l’attendait à l’intérieur le même fiasco que tout à l’heure. Il ne serait de nouveau plus maître de la situation et tout ce qu’il voulait faire, tout ce qu’il voulait dire, n’aurait plus de sens. Il ne parviendrait pas à la toucher comme il l’aurait aimé le faire, par maladresse et qui pro quo, et ne se confronterait une fois encore qu’à un mur impassible. Il ne serait plus que spectateur de son propre destin, n’ayant d’autre pouvoir que celui de crier au héros ce qu’il aurait dû dire ou faire.
S’ajoutait à cela un autre problème : Lena. Il ne pouvait pas la laisser une fois encore, la sacrifier une fois de plus était au dessus de ses forces. À elle aussi il devait des adieux. S’il la laissait maintenant il avait le sentiment, semblable à celui qu’il ressentait avec Rory, de la perdre pour toujours sans avoir eu l’occasion de la quitter convenablement.
Tant de problèmes s’accumulaient, pas la moindre solution. Il allait exploser ou mourir sur place. À présent il ne pouvait plus que prier le ciel d’abréger ses souffrances.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Mar 12 Aoû - 17:30

Un sourire de malice s’était inscrit sur les lèvres de Lena lorsque la main de Jess s’était posée sur la sienne pour l’arrêter. Elle s’était alors retournée, feintant la surprise, mais ne l’étant pas du tout. Elle était au contraire heureuse que Jess l’ai stoppée. Il était ainsi évident qu’il n’avait pas totalement perdu tout espoir concernant Rory. Sa prochaine mission était donc de les réunir dans la même pièce, afin que tous deux laissent tomber leurs murailles d’ânes buttés et qu’ils se reparlent, se réconcilient au moins au plus vite.

Cependant Lena ne s’était pas attendue à la suite des évènements. La main de Jess quitta rapidement sa main pour venir se poser sur sa hanche. Surprise, elle baissa les yeux sur cette dernière avant de les retourner vers son propriétaire. Il se rapprocha et le corps de la blonde fut pris de milles et un frisson. Se pouvait-il que… ? Cependant elle n’osa y croire et fit un léger pas en arrière, au cas où le beau brun aurait fait une erreur après tout il avait l’air si perdu… ! Il suivit pourtant son mouvement.

A présent adossée à la porte, Lena, le regard lumineux d’espoir plongea son regard dans celui de son compagnon. Avait-il en si peu de temps tiré un trait sur Rory à son profit… ? La choisissait-il …elle ? Très vite le cours de ses pensées fut interrompu alors que les lèvres de son fiancé se posaient sur les siennes. Cette fougue…tant de passion…cela faisait si longtemps ! Lena ne put que laisser échapper un soupire de contentement alors qu’elle attirait à elle le corps parfait de son ami. Plus rien ne comptait alors. Ni le lieu, ni l’heure, ni même la femme se trouvant de l’autre côté de la porte. Prolongeant amoureusement, La belle blonde savait pourtant qu’elle ne devait pas trop espérer de ce baiser. Elle avait pu le constater, Jess était perdu. Mais…si elle pouvait lui apporter un peu de réconfort, lui montrer que, contrairement à Rory, elle serait toujours à ses côtés quand il aurait besoin d’elle…alors peut-être y avait-il un espoir qu’il choisisse l’amour inconditionnel et sans limites et laisse la passion et l’incertitude s’en aller… !

***

Depuis cet oreiller qu’elle avait lancé contre la porte, plus aucun bruit n’était arrivé du couloir. Avaient-ils compris son agacement et étaient-ils partis ? Il y avait fort à parier que oui. Un instant encore, Rory regretta son geste. Elle avait agi de manière puérile…mais elle n’avait pas contrôlé ce geste…il était venu seul…de rage…de désespoir peut-être aussi ?

Car désespérée, elle l’était. Depuis son arrivée dans cet appartement quelques heures auparavant…tout avait été de travers. Elle avait voulu croire en ce couple si parfait qu’elle formait avec Jess jusque-là…mais depuis son arrivée ici…depuis qu’elle avait vu l’indiscutable complicité entre Lena et Jess…tout espoir avait disparu de sa vie et dès lors elle avait été certaine que la vie de son amant ne serait parfaite qu’aux côtés de la déesse qu’était sa fiancée. C’était aussi à cet instant là qu’elle avait fait le choix d’éloigner Jess … de le rendre heureux… à ses dépens.

Pourtant tout avait été si parfait jusque-là… certes, il y avait eu quelques disputes entre les deux amants mais leur amour, la passion qu’ils ressentaient l’un pour l’autre avait toujours repris le dessus depuis leurs retrouvailles. Ils avaient petit à petit réappris à s’apprivoiser l’un l’autre. Leurs corps s’étaient eux aussi très vite retrouvés et …au fil des jours c’était bel et bien un amour sincère qui avait vu le jour entre les deux jeunes gens. Cela avait duré des semaines. Tout avait été si parfait…dans leur petite bulle, caché aux yeux des autres…Rory en venait presque à regretter ce temps. Leur amour avait-il prit fin à l’instant où ils avaient quitté l’appartement de Logan… ? Elle n’osait y croire…ou tout du moins, ce n’était pas son cas.

Elle avait beau avoir réagi comme elle l’avait fait quelques instants plus tôt, elle n’en était pas moins follement amoureuse de Jess tout autant, si ce n’était plus encore qu’au premier jour. C’était inscrit en elle, elle l’avait su à l’instant où leurs routes s’étaient recroisées ; il était l’homme de sa vie et plus rien ne pourrait changer cela en elle. Tout son être l’appelait, tout son corps se languissait, tout son cœur l’aimait. Elle aurait tant voulu que tout soit plus facile. Elle aurait aimé être la seule et l’unique…et qu’ils n’aient plus jamais à se quitter.

Mais elle savait aussi que la vie n’était pas un long fleuve tranquille, et que la passion qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre pouvait aussi parfois tourner à l’orage…et ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux pour Jess. Il était bien mieux dans cet environnement sain et calme aux côtés de sa belle. Oui…c’était la vie qu’il méritait.

Elle en était là de ses réflexions lorsqu’un son lourd se fit entendre près de la porte, intriguée, la belle se redressa. C’était étrange…elle ne voyait pas vraiment ce que ce bruit pouvait être…avait-elle rêvé ? Et après tout, était-ce bien important ? … elle se dit un instant qu’elle ferait mieux de dormir. Mais soudain, elle se figea. Ce son… ce son elle le connaissait pour l’avoir déjà entendu…même…vécu… ? Et cette voix…c’était Lena… ? Alors il…et elle…et ils… ? Désormais pétrifiée, Rory resta les yeux grands ouverts, a fixé cette porte. Comment pouvait-il lui faire ça… ? Embrasser Lena…presque sous ses yeux ? Car si la porte avait été transparente, ce serait réellement sous ses yeux que la scène se déroulerait !!

Rory aurait aimé réagir, faire n’importe quoi, se lever, prendre ses bagages et s’en aller malgré l’heure et sa tenue… ! Elle aurait aimé fuir, et ne plus jamais avoir à recroiser l’homme qui à cet instant lui faisait tant de mal. Ou elle aurait aimé ouvrir la porte d’un coup sec et surprendre les deux amoureux avec un regard plus froid que la glace…Mais elle n’en fit rien, pour la simple et bonne raison qu’elle ne pouvait rien faire. Elle était totalement pétrifiée. Plus un seul muscle de son corps ne voulait répondre à ses ordres. A la voir, on aurait pu croire à une statue, posée sur ce lit par les propriétaires des lieux… ! Une seule caractéristique la différenciait des statues… : Les larmes.


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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Ven 15 Aoû - 12:24

Ce regard... Le regard qu'elle avait eu juste avant que leurs lèvres ne se rencontrent... Ce regard plein d'espoir, ce regard presque suppliant... Il lui avait fallu du temps, le temps que se reconnecte son cerveau, jusqu'alors passablement muet devant la passion, pour ne plus penser qu'à cela. Ce regard si beau, si touchant, finissait de réduire en miettes un cœur déjà par beaucoup meurtri. Tout comme Rory elle espérait, et tout comme elle il ne pourrait que la décevoir. Il agissait, une fois encore, aussi mal qu'il était possible de le faire, il portait un nouveau coup à Lena, et qui savait s'il n'en était pas de même avec Rory. Il se détacha finalement, tout aussi heureux d'avoir retrouvé ses lèvres que blessé de l'avoir fait. Une fois pour toute cette comédie avait assez duré, il en était convaincu... Mais ne savait toujours pas comment y mettre un terme. Il ne voyait qu'une seule solution, et elle ne plairait à personne, elle serait invivable pour lui en particulier, mais après tout ce qu'il leur avait fait endurer là était bien le cadet de ses soucis.
A quelques mètres de la jolie blonde il l'observait à présent sans relâche, avec autant d'amour et de désir que de souffrance et de repentir. A nouveau il parla à voix haute, sans plus se soucier de s'il était écouté ou non. Perdu pour perdu...


"Lena... Je t'aime."

Il s'agissait peut-être de la première, ou de la seconde fois, depuis qu'ils se fréquentaient, qu'il le lui avouait de la sorte. Aussi, il s'attendait de sa part à une réaction à la hauteur de la rareté de cet aveu. Réaction qu'il n'eut pas bien longtemps à attendre. Cependant, s'il voulait rester cohérent il devait noyer l'espoir dans l'œuf, s'il n'y était pas parvenu avec ce baiser il comptait bien se rattraper avec cette déclaration. Doucement, il releva vers la porte irrémédiablement fermée des yeux pleins de souffrance.

"Mais je..."

Il soupira. Le jeune homme n'avait finalement rien à ajouter. Il avait failli concéder qu'il n'aimait pas qu'elle, mais une fois de plus les mots restaient inexplicablement bloqués quelque part entre son cerveau et ses lèvres. Pour le coup, c'était tant mieux. Lena n'avait clairement pas besoin d'entendre cela, qu'elle l'imagine et le comprenne devait déjà être une épreuve inimaginable, il n'avait pas non plus besoin d'y apporter des mots.

Avec délicatesse son regard se posa à nouveau sur elle. Le disque qui tournait en boucle dans sa tête venait de changer. Après 'Rory va partir, elle ne m'aime pas', après 'je dois partir pour les laisser en paix' le nouveau refrain était 'je suis un crétin'.
En effet, il ne pouvait à présent plus se pardonner le geste impulsif qu'il venait d'avoir. Quoi qu'il fasse, qu'importe comment il se débrouille, il n'excellait que dans l'art de faire souffrir ceux qu'il aimait. En chassant le naturel il avait fini par revenir au galop, il n'avait fallu qu'une étincelle, le retour de Rory, son amour, pour refaire de lui l'homme qu'il tentait de fuir depuis des années. Il avait réussi à faire plus de dégâts dans les vies rangées de celles qui l'aimaient qu'un autre aurait pu y arriver en un an.
Et il continuait. Il continuait à les laisser espérer alors que lui-même ne savait plus vers quel cap se dirigeait le navire. Il leur laissait entrevoir un avenir meilleur quand lui-même n'y croyait plus... Et il les laissait là, sur le bas côté, mourir d'amour et d'espoir déçu.

Jess fit quelques pas en arrière, ne voyant soudain plus en Lena que la demoiselle qu'il faisait injustement souffrir, la plus douce, la plus gentille des femmes qu'il foulait à ses pieds, celle qui plus que quiconque ne méritait pas ce sort.


"Pardonne-moi..."

Ce fut tout ce qu'il put prononcer, en un murmure. L'air commençait à lui manquer, la fatigue à se faire sentir... Il lui fallait quitter tout ceci le plus rapidement possible.
Sans vraiment la lâcher du regard il atteignit la porte de son bureau, à quelques pas seulement. Il l'ouvrit rapidement avant de lancer un dernier regard, plein d'amour et de chagrin, à la femme qu'il tenait quelques instants plus tôt entre ses bras.


"Je suis désolé."

Puis il referma la porte. Si son plan se déroulait comme prévu il venait de la voir pour la dernière fois. Son plan, bien que n'ayant pas eu le temps d'être murement réfléchi, n'en était pas moins clair : il passerait ici la nuit, une nuit sans sommeil, et une bonne partie de la journée du lendemain. Il n'oublierait pas, bien entendu, d'appeler un taxi pour Rory qu'il avait promis d'amener, mais n'en sortirait pas pour autant de cette pièce. Ensuite, il ne lui resterait plus qu'à attendre sagement que Lena se décide, soit qu'elle soit occupée, soit partie, pour quitter définitivement sa vie à elle aussi.
Voilà qu'il faisait à nouveau ce qu'il s'était promis de ne plus jamais faire : il se comportait comme un lâche et s'apprêtait à fuir. Il les avait faites souffrir, lui seul était à l’origine de la situation actuelle, et à présent qu’elles auraient eu besoin de lui il disparaissait aussi vite que cela lui était possible. Le fait était qu’il n’était plus en mesure d’affronter le monde extérieur. Pour se consoler, une seule pensée : tout ce qu’il avait successivement tenté pour arranger les choses n’avait jamais servi qu’à les empirer. Il était un bien piètre ami, un bien mauvais amant et une exécrable personne.

Sa main, restée jusque là sur la poignée, la lâcha enfin. Il était conscient d’avoir fait une fois de plus exactement le pire qu’il pouvait faire. Ce fut peut-être la raison pour laquelle il ne verrouilla pas la porte avant d’aller s’installer dans son fauteuil. Il s’agissait là d’un message codé comme Jess le affectionnait particulièrement. Rester était impossible, retourner les voir l’était tout autant, mais par ce simple geste il espérait leur montrer que bien qu’il ait fui il était toujours là si elles cherchaient à le voir. Sa porte resterait ouverte toute la nuit, au cas où. Il n’y aurait qu’un moment où elle resterait logiquement fermée : lors du départ de Rory, car il ne pourrait souffrir cet adieu.
Son premier réflexe, une fois installé, fut d’allumer une cigarette. S’il n’ouvrait pas la fenêtre cela sentirait bientôt dans tout l’appartement, avec plus d’intensité qu’il était bien décidé à passer la nuit à cette seule occupation. Mais peu lui importait.
Pour l’heure il n’avait plus qu’à organiser tranquillement le planning de la nuit qui l’attendait. Ce n’était pas bien compliqué, il passerait la plus grande partie des prochaines heures assis à son bureau, la mine morose, l’air abattu, à descendre l’un après l’autre ses paquets de cigarette. Lorsqu’elles seraient enfin couchées il sortirait discrètement de sa cachette, car s’il était incapable de dire adieu à la femme de sa vie il comptait bien lui laisser quelque chose, il ne savait pas bien encore quoi mais il lui laisserait quelque chose qu’elle emporterait à Stars Hollow. Ce serait sa façon à lui d’être toujours, d’une manière, avec elle, sa façon aussi de se rappeler aussi longtemps que possible à son souvenir.

Les yeux dans le vague il pensait à ce que sa vie aurait pu être. Il songeait à tout l’amour qu’il avait laissé s’échapper. Il en avait eu, finalement, des occasions d’être heureux, de l’amour à en revendre, il en avait eu des instants où mourir de bonheur… Il aurait pu être le plus heureux des hommes, malgré un piètre début dans la vie… Mais les chances qui s’étaient présentée les unes après les autres il avait toujours trouvé le moyen de les repousser avec acharnement. Il pouvait déjà se jurer que s’il arrivait à en récupérer une il ferait tout pour la rendre la plus heureuse des femmes… Mais il divaguait, il les avait perdu définitivement. Et quand bien même, il recommencerait les mêmes erreurs obstinément.
Ce qu’il pouvait les aimer…


HJ : Désolée.. J'ai failli recommencer cinquante fois, c'est n'importe quoi...

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Ven 15 Aoû - 14:34

Lena avait eu raison de ne pas trop y croire. Leurs lèvres venaient à peine de se séparer et Jess semblait déjà avoir retrouvé la terre ferme alors que la belle blonde était encore 30 mètres au-dessus du sol… ! Ce baiser avait été si intense, Jess l’embrassait si rarement de cette façon que lorsque cela se produisait…elle avait toujours du mal à s’en remettre. Mais elle dû bien le faire. Le regard de son compagnon semblait s’être durci. Inquiète, elle l’entendit prononcer alors son prénom…elle s’attendait au pire mais…non. Jess venait de lui avouer son amour. Cela non plus ne se produisait pas souvent, pour ne pas dire jamais. Ainsi elle s’était inquiétée pour rien. Il l’aimait. Il l’aimait !!! Elle aurait pu de joie lui sauter au cou, l’embrasser à l’en étouffer et ne plus jamais vouloir le relâcher. Certes il lui avait déjà dit qu’il l’aimait…trois fois au total…mais à chaque fois, cela semblait plus une réponse automatique à ses propres « je t’aime »…ou alors une obligation. Là…aujourd’hui, en cet instant…elle sentait tant de sincérité dans ses mots. Enfin elle récoltait ce qu’elle méritait. Il l’aimait.

Avez-vous déjà entendu parler d’ascenseur ? Lena avait passé de l’inquiétude à une joie intense et à présent… ! Pourquoi avait-il ajouté ces mots ? « Mais je » quoi ? Pourquoi un Mais dans un moment pareil ? Les Mais n’auguraient jamais rien de bon…et c’est instantanément que le sourire de la belle blonde venait de disparaitre. Le regard plein de souffrance que le beau brun reposa sur elle finit de l’achever. Inutile qu’il prononce le reste de sa phrase. Elle avait compris, elle était peut-être blonde mais pas stupide. Il l’aimait oui mais…elle n’était pas seule dans son cœur. Baissant le regard sur le sol, elle acquiesça, souriant tendrement. Ce qu’elle avait pu être naïve à se laisser emporter et à y croire si rapidement.

C’est à ce moment que Jess prononça les mots suivants. Lui pardonner ? Mais de quoi ? Elle était certaine qu’il n’y était pour rien. Après tout « le cœur a ses raisons que la raison ignore » et si le cœur du beau brun s’était épris de deux femmes à la fois…il n’était en rien coupable. Au contraire, Lena était certaine qu’il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour gérer la situation au mieux. Elle releva les yeux sur lui, le regard désolé et allait lui expliquer son point de vue lorsque le beau brun, qui s’éloignait encore d’elle repris la parole pour lui dire combien il était désolé. Il y avait tant de chagrin dans sa voix, dans son regard, qu’elle aurait aimé le rejoindre d’un pas, le consoler et lui dire combien elle comprenait la difficulté de la situation dans laquelle il se trouvait mais…

Mais Jess refermait déjà la porte de son bureau dans lequel il venait de fuir. Interdite, surprise, et navrée, Lena resta immobile, à regarder cette porte qui lui faisait face, quelques instants. Elle avança ensuite en direction de cette porte d’un pas lent et silencieux et, y posant une main délicate, murmura à l’attention de son compagnon – qui ne l’entendrait certainement pas – un « je t’aime » troublant de sincérité. Fermant les yeux, elle sourit tristement, avant de soupirer. Elle aurait aimé rentrer. Mais elle connaissait assez son compagnon pour savoir qu’il avait besoin de rester seul. Raison pour laquelle, combattant cette envie de le rejoindre, elle s’éloigna à son tour, afin de, elle aussi, rejoindre son antre, son havre de paix. Elle savait que Jess ne sortirait pas de son bureau avant un moment…peut-être y passerait- il même la nuit…cela lui ressemblait tellement. Mais elle savait aussi qu’elle le retrouverai au matin comme si rien de tout cela ne s’était passé, que le temps ferait son œuvre, et que la nuit effacerait tous les maux.

Arrivée en bout de couloir, Lena ne put s’empêcher de lancer un dernier regard plein d’amour et d’espoir en direction de la porte par laquelle s’était enfui l’homme de sa vie.


- À demain…

Oui, demain était un autre jour. Demain, tous se retrouveraient autour d'un délicieux petit déjeuné, demain ils se sépareraient de Rory pour retrouver leur routine, demain tout irai beaucoup mieux. C'est forte de cette idée que la blonde offrit un dernier sourire au couloir avant de s'en aller vers un sommeil bien mérité.

***

La statue n’avait pas repris vie. Cependant elle n’avait rien raté non plus de la scène qui se déroulait juste derrière cette porte. Elle avait entendu jusqu’au moindre soupire. Elle avait senti son cœur se briser au « je t’aime » prononcé par la voix de l’homme qu’elle aimait…mais elle avait aussi espéré au « mais » suivant … ! Était-il désolé et s’excusait-il auprès de Lena car il allait à nouveau rentrer dans cette chambre et foncer droit sur Rory pour tenter de la raisonner ?

Les minutes suivantes avaient donc été des plus longues, et des plus stressantes. Fixant la porte avec intensité, à chaque instant, elle s’attendait à le voir entrer, ou entendre un autre bruit, bref, à ce que quelque chose se passe…mais rien. Rien ne s’était passé. Ou plutôt si, une porte avait été refermée, mais cela s’arrêtait là.

Une bonne demi-heure s’était ainsi écoulée. Plus aucun bruit désormais ne se faisait entendre. Rory supposa donc que chacun était parti se coucher. Pour sa part, elle ne pourrait pas. Elle avait bien trop de choses en tête. Il devait être minuit passé, peut-être une heure du matin, peut-être même deux ? Dans quelques heures le soleil se lèverait et l’appartement reprendrait vie. Alors Jess la reconduirait à la gare routière et…tout se terminerait là. C’était du moins le plan qu’elle avait établi avec son amant… ! Mais après ce qui venait de se passer, après cette scène à laquelle elle venait d’assister indirectement et absolument sans le vouloir…elle n’avait plus envie d’attendre. Elle ne voulait plus jamais le revoir…elle préférait tout autant… ! Voilà ! Oui, voilà. L’idée qui lui passa par la tête à cet instant était bien préférable au plan initial.

Se relevant sans plus d’hésitation, Rory se dirigea calmement vers sa valise, elle en sorti un simple jeans suivi d’un débardeur noir. Elle les passa, retirant ce qui lui servait de pyjama. Elle rangea ensuite sa valise, la referma, et la redressa. Puis elle se dirigea vers le lit qui était défait, le remis en ordre après avoir été récupéré l’oreiller qui trainait par terre. . Puis elle prit son sac ainsi que sa valise, qu’elle porta pour ne pas faire de bruit. Ses chaussures quant à elles, ainsi que sa veste, se trouvaient à l’entrée, ainsi elle ne réveillerait personne par des bruits de pas. Silencieusement, elle ouvrit la porte de la chambre, éteignit la lumière avec tout autant de précaution. Elle s’assura ensuite que la voie était libre avant de refermer la porte. Tout semblait, comme elle l’avait supposé, endormi dans l’appartement. Seule une faible lumière éclairait le couloir, ce qui lui permettrait de rejoindre l’entrée. Un instant, elle hésita cependant…c’était indéniablement un coup bas qu’elle faisait à Jess en agissant de la sorte…il serait probablement très déçu en ouvrant cette porte au petit matin…Mais elle devait aussi penser à elle, et actuellement, elle ne voyait qu’une solution : fuir.

Elle lâcha un léger soupire, relâcha la poignée, et pris une profonde inspiration avant de se lancer dans le couloir. Toujours très discrète, presque sur la pointe des pieds, elle finit par, sans grandes difficultés, rejoindre cette fameuse entrée. C’est alors qu’elle commit une erreur stupide… ! Elle savait qu’elle aurait dû garder cette valise dans la main, mais elle voulut la poser histoire de mettre ses chaussures et passer sa veste…et…BOUM la valise tomba dans un fracas sourd. Immédiatement la belle brune se figea. Avec un peu de chance le sommeil de tous était si profond que personne n’y prêterait attention mais, pour l’heure, elle se maudissait intérieurement, maudissait sa valise, maudissait l’air autour d’eux, maudissait même le sol qui avait jugé bon de faire tant de bruit en réceptionnant cette fichu valise.


Hj : Tu te sous-hestime…si c’était du n’importe quoi je n’aurais pas pu jouer…et pourtant.

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Ven 15 Aoû - 23:26

Jess était resté de longues heures dans son bureau, sans rien faire d’autre que fumer et réfléchir, attendant simplement, comme un félin tapis dans l’ombre, que le calme soit complet. Lorsqu’enfin le silence fut pour lui assez pesant, lorsqu’il se crut en bon droit de penser que la maison s’était enfin assoupie, il se décida à sortir de sa tanière.
À pas prudent, pour n’attirer l’attention de personne, il avait longé le couloir jusqu’à se retrouver dans la cuisine. Là, il avait cherché sans relâche et sans le moindre bruit jusqu’à trouver enfin ce qu’il attendait : un panier. S’il espérait un contenant plus esthétique qu’un vulgaire sac plastique il fut glacé de douleur lorsqu’il se rendit compte de la ressemblance de sa trouvaille avec un bien vieux souvenir. Il le revoyait à présent comme si c’était hier…
C’était l’un des jours qui avait changé sa vie. C’était, pour lui, le début de la fin, en somme. Un jour qu’il avait attendu avec impatience en sachant qu’il ne serait pas tout à fait comme les autres, un des seuls où il avait su saisir la chance qui se présentait. Le jour d’une de ces fêtes étranges comme Stars Hollow les affectionnait tant et dont il avait su prendre le parti… Le fameux jour de la vente aux enchères de paniers.
Il n’avait cependant pas le temps de s’appesantir, même sur ce genre de détail, plus que tout il craignait d’être surpris ici en train d’exercer sa coupable industrie. D’un geste rapide le jeune homme y déposa une lettre comme si cette dernière s’apprêtait à lui brûler les doigts. Une lettre qu’il s’était appliqué à écrire quelques instants auparavant. Il l’avait maintes fois retouchée, réécrite dans sa totalité, jetée, retrouvée… Et c’était bien cette occupation, réellement, qui lui avait pris tant de temps. Malgré tout, il s’y était tenu, il le fallait. Il se connaissait assez pour savoir que ce qu’il ne pourrait jamais dire il pouvait toujours l’écrire, surtout lorsqu’il savait que sa destinataire serait bien loin quand elle l’ouvrirait. Il fallait qu’il parle, il l’avait fait, à sa façon… Voilà de quoi alléger un peu sa peine.
Les lignes qu’elle lirait alors, dans le taxi peut-être, plus probablement à Stars Hollow, seule dans sa chambre, cachant pour la dernière fois à sa mère les épisodes de sa vie, il les connaissait par cœur pour les avoir écrites, relues, façonnées. D’ailleurs, elle ne cessait plus de tourner en boucle dans sa pauvre tête épuisée. Voici ce qu’elle contenait :


Rory,

J’imagine que si tu lis cette lettre c’est que tu es bel et bien partie. J’imagine aussi que tu es chez Lorelaï, que tu t’es torturée pendant des heures, peut-être même des jours, à te demander sans relâche s’il fallait que tu ouvres cette enveloppe ou s’il fallait que tu la jettes. Elle a d’ailleurs certainement fait connaissance avec la poubelle plus d’une fois… Merci d’avoir eu le courage de m’écouter une fois dernière.
J’en profite aussi pour te remercier, une fois pour toute, de tout ce que tu as fait pour moi, non seulement ces dernières semaines, mais aussi dans ma vie entière. Tu ne dois pas être sans savoir à quel point tout ce que j’ai fait je l’ai fait pour toi. Tu sais que je t’ai ardemment désiré, dès ce fameux jour où pour la première fois je t’ai vue, assise dans ta chambre, plus encore lorsque j’ai compris que je t’avais perdue. Tu sais aussi de quoi j’ai été capable dans l’espoir d’un seul regard. Tu sais ce que j’ai accompli pour devenir un homme respectable, celui que je devais devenir, l’homme que tu méritais. C’est certainement sans surprise que tu vois à quel point j’ai, une fois de plus, échoué.
Je t’en supplie, fais preuve, à mon égard, d’indulgence. Je n’ai très certainement pas le droit de te demander cela, pas après tout ce que j’ai réussi à te faire subir en des temps records… Mais pense à moi comme à celui que tu as rencontré à Stars Hollow, à ce pauvre fou, à ce gamin un peu pommé, à cet adolescent qui agit parfois mal en voulant faire pourtant bien, à celui qui, malgré les apparences, garde un cœur honnête et bon. Il est toujours là, quelque part, bien trop à mon goût d’ailleurs. Car sans prendre garde j’ai commis les mêmes erreurs que j’ai pourtant en horreur… Et le résultat ne se fait pas, une fois encore, attendre : je te perds, à nouveau, définitivement cette fois.
Pense à moi avec bonté et pardonne moi, je sais que tu en aies capable… Mais surtout ne me regrette pas. Je ne te demande que d’être en paix avec toi même, et avec moi par prolongement. Je refuse de te faire souffrir plus longtemps. Je souhaite simplement que tu ne te jettes pas sur moi dans la rue pour me tuer si nous étions amenés à nous recroiser… Mais n’oublie pas non plus le mal que je t’ai fait, n’oublie pas que nonobstant un amour puissant je n’ai toujours réussi qu’à te blesser. N’oublie pas non plus tout ce qu’il y a de mauvais en moi. La raison n’excuse rien, je t’ai trop faite souffrir pour que tu doives me regretter.
En un mot, lorsque tu repenseras à moi, à l’occasion, fais le, je t’en prie, avec objectivité, sans rien oublier de mes qualités ni de mes défauts, sans oublier que mon amour pour toi, envahissant, étouffant, m’a toujours empêché de me conduire avec logique, sans oublier non plus les larmes que tu as versées par ma faute.

Je t’aime, Rory. Je t’aime, Lorelaï Leigh Gilmore. Je t’aime d’une façon que jamais tu ne pourras imaginer. Je t’aime à mourir à l’instant précis où j’écris ces mots, à défaillir dès que je croise ton regard, à fondre à chacun de tes mots, à exploser au moindre de tes gestes. J’aime le moindre de tes sourires, j’aime les litres de café que tu bois tous les jours, j’aime la façon dont tu mords ta lèvre après un baiser, j’aime que tu clignes des yeux lorsque tu mens, j’aime lorsque tu te servais de mes faiblesses à ton égard pour me persuader de faire ce que tu voulais. J’aime ta gentillesse et ton indulgence, j’aime tes grands principes et tes petits mots, j’aime tes idées bien arrêtées, j’aime ta douceur, j’aime tes défauts plus encore que tes qualités. J’aime la finesse de tes mains, la fragilité apparente de ton corps, j’aime la femme, si terriblement sexy, que tu aies devenue. Je t’aime au point de n’avoir jamais pu t’oublier en dix ans, de n’avoir cessé d’espérer durant quatre ans, je t’aime au point de faire souffrir la plus irréprochable des femmes, la bonté incarnée, la gentillesse sur terre, Lena. Je t’aime assez pour savoir dès à présent que jamais je ne t’oublierais et, pire que tout, que jamais au fin fond de mon être je ne cesserai d’espérer ton retour. Si nous ne sommes visiblement pas fait pour partager nos vies tu n’en restes pas moins la femme de la mienne. Je ne suis pas l’homme de la tienne, en revanche, et je l’accepte. Pour cette raison, je suis heureux et prêt à te laisser partir, convaincu que tu ne tarderas pas à trouver le bonheur que tu mérites avec un homme à ta hauteur. Jusqu’à présent on ne peut pas dire que tu aies eu beaucoup de chance, Dean, Logan ou moi n’étions clairement pas ceux qu’il te fallait, pour des raisons différentes. J’ai confiance pour la suite.
"If anything should happen, I guess I wish you well... / A little bit of heaven, with a little bit of hell" (Pense à moi quand tu écouteras cette chanson).
Pars le cœur léger et fais moi confiance pour la dernière fois de ta vie, le destin a voulu ce qui nous arrive, regarde cet épisode avec fatalité, en te disant que tu n’y pouvais rien et que je n’en pouvais pas plus. Tu m’as échappé enfin et pour toujours, ce ne peut être qu’un signe que tu finiras heureuse. N’oublie jamais que j’étais dans l’incapacité de faire ton bonheur, malgré nos ressemblances, malgré nos complémentarités, malgré ma bonne volonté.

Cette histoire m’aura néanmoins appris certaines choses, si elle n’a servi qu’à cela. Je sais à présent que je ne peux rien offrir, à personne. Jusqu’alors je n’avais jamais compris comment je faisais pour décevoir tout le monde, ce soir j’ai enfin saisi. Je donne trop d’espoir, je le distribue sans compter, en pensant souvent faire plaisir ; mais jamais je ne suis capable de concrétiser mes promesses.
Pour cela, pour tout le mal que je t’ai fait, pour tout ce que tu as attendu de moi et que j’ai été dans l’incapacité de te donner, je te demande pardon.

Ne m’en veux pas trop pour ces quelques feuilles… Et ne me prête pas d’arrières pensées, j’ai juste voulu être pour une fois clair avec toi. Je ne veux plus de regrets, pour la première fois de ma vie je te dis exactement ce que j’ai sur le cœur.

Je t’aime,
Prends soin de toi,
J. M

PS : Ecoute What's left of me aussi, elle sera plus claire que moi...
.



Alors qu’il s’apprêtait à remplir ce panier, autant dans l’espoir de lui faire plaisir une dernière fois que de cacher ce bout de papier qu’il brûlait autant qu’il angoissait de lui donner, quelque chose attira son attention. Un bruit. Immédiatement le jeune homme se raidit, tendant l’oreille, mais rien ne suivit. Alors, prudemment il sortit de sa cachette, d’un pas mesuré. Ce qu’il vit le laissa pour peu perplexe. Rory était là, dans l’entrée. Il la regarda d’abord avec un mélange d’incompréhension et de soulagement. Comment s’avouer qu’il avait attendu cette rencontre toute la nuit ? Ce ne fut qu’alors qu’il vit la valise. En un instant ses yeux n’exprimèrent plus qu’une froideur extrême.
Ce qu’il avait pu être idiot… Lui qui lui préparait, avec les derniers soubresauts de l’amour que l’on assassine, de quoi se rappeler une ultime fois à son souvenir… Il était bien naïf. En règle générale Jess était homme à se sentir idiot dès que l’on remarquait les efforts qu’il pouvait faire, les services qu’il rendait… Mais là il se sentait plus que ridicule.
En lui se bousculaient à présent les sentiments. Tout d’abord, il était en colère, mais plus que tout il était anéanti de ce qu’il venait de découvrir. Sans bien savoir ce qu’il allait en faire il retourna aussi vite qu’il le put dans la cuisine, y récupérer la précieuse enveloppe. Lorsqu’il revint Rory n’avait pas bougé d’un millimètre.
Le jeune homme s’approcha alors d’elle, le regard étrangement vide de toute émotion. Ce fut avec autant d’apathie qu’il parla, sans pour autant plus la regarder, comme si elle n’était plus là.


« Gloria ferme toujours à clef quand elle part. »

Comme pour illustrer ses propos il ouvrit la porte de la penderie pour fouiller dans l’une des poches de son manteau afin d’en extraire une clef, clef avec laquelle il déverrouilla la porte. Elle voulait partir, il ne comptait pas l’en empêcher. Elle venait de le pousser dans l’abîme sans fond de la douleur extrême, à tel point qu’il semblait ne plus rien ressentir et agir comme un vulgaire robot, comme s’il n’écoutait plus la moindre de ses émotions mais seulement ce que criait encore son cerveau.


« Je dirais à Lena qu’elle avait oublié de fermer. Par contre je pourrais pas lui expliquer que tu partes comme une voleuse. Écris-lui au moins un mot pour la remercier. »

Se disant il jetait à ses pieds, avec plus de force, presque de colère, qu’il ne l’aurait voulu, le petit bout de papier qu’il tenait jusqu’à présent avec force. Suite à quoi il s’éloigna, songeant d’ores et déjà à regagner son bureau, bien décidé à rester de marbre jusqu’au bout.

« Adieu. »

Il lui tournait déjà le dos lorsqu’il murmura à peine, entre ses dents : bon vent. C’était méchant et gratuit… Mais elle venait de le mettre hors de lui. Il était énervé qu’elle parte ainsi – ce qui était d’autant plus contradictoire qu’il comptait ne pas se présenter à elle le lendemain. Il était en colère de paraître ainsi ridicule à ses yeux, après tout ce qu’il avait enduré pour elle, après l’allégeance qu’il lui avait toujours apportée elle continuait à le faire paraître idiot dès qu’elle en avait l’occasion… Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils n’étaient pas vraiment synchronisés, dès que l’un s’adoucissait l’autre, réagissant aux précédents événements se comportait avec violence et méchanceté. Voilà leur grand malheur, et voilà pourquoi sans discontinuer ils parvenaient à se blesser. Il était en colère, donc, mais plus que tout il était hors de ses gonds qu’elle puisse faire cela à Lena qui l’avait accueilli sous son toit alors que rien ne l’y obligeait et malgré qu’elle soit l’ex de son copain, cette douce Lena qui se débattait tant qu’elle pouvait dans le chaos qui régnait dans le seul but de satisfaire tout le monde au mieux, Lena qui avait été avec eux d’une douceur et d’une patience peu commune…
Il n’allait pas tarder à flancher, à s’écrouler de fatigue et de désespoir s’il ne se hâtait pas de regagner sa cachette.



HJ : Merci... Je suis inspirée qu'une fois sur deux... C'est bizarre... Mais du coup on peut dire que là je me suis rattrapée... Je crois que j'ai jamais autant écris depuis que j'ai repris le Rp Wink
HJ 2 : Petite musique triste d'ambiance :
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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Sam 16 Aoû - 18:12

Personne ne semblait avoir entendu le fracas…et c’était soulagé que Rory avait osé se redresser lentement. Elle allait passer sa veste lorsqu’une voix s’éleva derrière elle…une voix glaciale, une voix qu’elle connaissait plus chaleureuse d’ordinaire. Ce froid eu le mérite de la geler immédiatement. Cette voix n’appartenait qu’à une seule personne, cette voix elle la reconnaitrait entre mille, elle aurait même pu la reconnaitre au milieu d’une foule bruyante sans aucun problème…cette voix appartenait à l’homme qu’elle aimait.

Ainsi figée, Rory prit un instant pour fermer ses yeux. Elle venait d’être prise en flagrant délit de fuite et, à entendre le ton qu’avait utilisé son amant, il était aussi déçu qu’elle se sentait coupable. Et encore, coupable était un faible mot pour décrire ce qu’elle ressentait. Elle avait le sentiment de l’avoir trahi. Son corps semblait lui aussi réagir face à cette situation. Son ventre s’était serré, son cœur s’était emballé, sa gorge s’était bloquée à l’instant ou la voix glaciale de Jess était parvenue à ses oreilles.

Ce ne fut que lorsqu’il la frôla pour ouvrir la porte que les yeux de la belle se rouvrirent. Mais ils ne purent se poser dans les profondeurs couleurs émeraudes dans lesquelles ils trouvaient toujours refuge…Jess évitait son regard. Il reprit pourtant la parole alors qu’il s’éloignait déjà d’elle. Si dans un premier temps elle eut un sourire triste alors qu’il inventait une excuse qu’il servirait à Lena le lendemain, la suite la figea un peu plus alors que son cœur ratait un battement. Son regard suivi l’objet que Jess venait de jeter à ses pieds…une enveloppe ? Elle se baissa pour ramasser le papier alors que Jess finissait de cracher son venin… ! Cependant il n’avait pas tort…elle prenait la fuite face à Jess, mais cette pauvre Lena méritait un au revoir digne de ce nom. Intérieurement, Rory se promit de l’appeler dès le lendemain matin afin de lui expliquer son geste…puis elle se releva, le bout de papier à la main, elle le défroissa délicatement, puis releva les yeux sur l’homme qui s’éloignait déjà.

Elle voulut lui parler, lui expliquer, le retenir même…mais Jess lui assignait un avant-dernier coup de poignard, un adieu à glacer le sang…suivi du coup de grâce, qui pour le coup la toucha en plein cœur, faisant instantanément monter les larmes à ses yeux… « bon vent »… ! Que répondre à cela ? Machinalement, elle remonta sa main qui tenait l’enveloppe contre son cœur, fixant l’homme si froid qu’elle avait autrefois connu si doux. Comment les choses avaient-elles pu en arriver là ? Comment alors que leur amour était si fort…tout pouvait s’arrêter ainsi ? Par un « bon vent » si vide de tout sentiment ?

Oui...d’accord elle venait de lui faire le pire des coups bas en s’enfuyant comme une voleuse…Mais elle le faisait pour lui…pour eux. Premièrement pour qu’il puisse vivre heureux avec Lena…mais il était vrai que pour cela, elle aurait pu attendre le lendemain… ! Mais elle avait ressenti le besoin de partir ce soir-là suite à la scène à laquelle elle avait assisté plus tôt…comment vouloir rester alors que l’homme qu’elle aimait de tout son cœur, de tout son être, de toute son âme ouvrait son cœur à une autre femme devant ses yeux, la plaquant fougueusement contre la porte de la chambre dans laquelle il savait pourtant qu’elle se trouvait !!!! Elle aurait pu parier que lui non plus ne serait pas resté si les rôles avaient étés inversés !!! Elle aurait pu le parier sur sa vie !!!

A cet instant elle aurait aimé réagir, lui dire ce qu’elle avait en tête, lui faire comprendre ce qui l’avait menée à agir de la sorte mais…il était trop tard, elle le savait, elle l’avait compris à l’ instant où Jess avait évité son retard. Les jeux étaient déjà faits…il avait tiré un trait sur elle au profit de Lena…il n’y avait plus que froideur entre eux.

Niant de la tête, la belle eu un rire nerveux. Tout cela, elle l’avait voulu. Il la détestait. Mission accomplie. Cependant cela n’empêcha pas son cœur de se déchirer face à cette constatation…et ses yeux se mirent à pleurer sans qu’elle ne puisse le contrôler alors que son visage affichait un sourire ironique. Elle resta silencieuse, le regard toujours fixé sur ce dos musclé qu’elle avait si souvent enlacé… ! Ce qu’elle n’aurait pas donné pour une dernière étreinte, un dernier baiser... ! Mais c’était sans doute utopiste d’y rêver. Même cela ne lui était plus permis… !

Silencieusement, elle enfila une chaussure, puis la seconde, toujours sans quitter Jess du regard, tenant fermement ce bout de papier qui était la dernière attention qu’elle ne recevrait jamais de lui. Tout aussi silencieusement, elle posa sa main sur la poignée, son regard toujours rivé sur lui. Aurait-elle droit à un dernier regard ? Ou se quitteraient-ils réellement sur ce « bon vent » ? Niant à nouveau, elle détourna finalement le regard…elle l’avait bien cherché. Elle avait voulu son indifférence, elle n’aurait pas plus.

Se penchant légèrement, elle attrapa son sac, sa valise ; actionna la poignée avant d’articuler péniblement, d'une voix douce, emplie pourtant de sanglots.


-Adieu…Jess…

Se disant, elle passa finalement le pas de la porte. Elle aurait aimé lui lancer un dernier regard, mais elle savait d’avance qu’elle n’aurait aucune réponse à ce geste, ce qui lui fendrait un peu plus le cœur, et pourrait la faire basculer dans des sanglots bien plus bruyant que ces simples larmes silencieuses…alors…à quoi bon… !

Une dernière dose de courage pour refermer la porte et…tout serait fini… !


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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Dim 17 Aoû - 16:00

« This is the way you left me
I’m not pretending
No hope, no love, no glory
No happy ending »

Il avait envie qu’elle le retienne, qu’elle lui parle si elle n’osait pas venir vers lui. Il avait envie de courir vers elle. Il avait envie de la serrer une dernière fois dans ses bras. Il aurait aimé l’embrasser une dernière fois. Il… Il se retourna lentement. Elle était là, dans l’embrasure de la porte, prête à partir pour toujours, plus forte qu’il ne l’aurait cru. Comme il l’avait prévu elle n’avait pas eu la curiosité, ou le courage, d’ouvrir immédiatement la lettre qu’il venait de lui donner. Elle était là, à peine éclairée par la lumière de la lune pleine. Elle se tenait là comme disparaîtrait définitivement un fantôme du passé. C’était la dernière fois qu’il la voyait.
Dans un murmure altéré par l’émotion, assez bas pour qu’elle n’entende pas il se permit de lui déclarer une dernière fois ses sentiments :


« Je t’aime… »

Sans qu’il s’en rende bien compte une larme roula le long de ses joues. Pour la seconde fois de sa vie elle parvenait à le faire pleurer. Soucieux qu’elle lui lance un dernier regard et s’en aperçoive il se retourna vivement et continua, tant bien que mal, sa route. Dire qu’il était anéanti aurait été un euphémisme. Il avait l’impression qu’avec elle c’était le souffle de la vie qui quittait son corps. Pourtant, il se sentait toujours, en quelque sorte, vivant. Il avait mal, avec une force que jamais il n’aurait cru possible. La moindre parcelle de son corps lui faisait souffrir le martyre. Sa poitrine, sa gorge, son ventre, tout ceci s’était noué en une sorte de pelote inextricable. Alors que martelait sa tête, que son cœur criait de désespoir et que son estomac s’embrasait, orchestre infernal.
Il avait menti dans sa lettre. Des regrets, il en avait des tonnes. La façon dont ils se quittaient était, dans cette cacophonie, son regret prépondérant. Une seule chose, alors, pouvait atténuer ce sentiment : l’espoir qu’elle lirait sa lettre, peut-être demain, peut-être dans quelques jours, voire dans quelques semaines… Alors, seulement, elle comprendrait vraiment. Alors, les paroles si dures qu’il avait aujourd’hui prononcé seraient en partie estompées par les quelques mots qu’il avait couchés sur ces pages. Sa dernière impression ne serait plus aussi mauvaise et pour toujours, du moins l’espérait-il, elle garderait cette preuve de l’homme qu’il était réellement, celui qu’elle oubliait parfois de voir derrière le masque.

Enfin, la porte du bureau. Enfin, l’exutoire. Enfin, il pourrait se laisser aller à ses émotions.
Rapidement, comme si soudain il était en danger de mort, il ouvrit la porte et s’enferma – à clef cette fois – dans son antre. Plus que tout il redoutait que le matin arrive. Il redoutait que Lena se réveille, qu’elle ne trouve plus Rory et découvre que, de son côté, il n’avait aucune envie de sortir de cet endroit. Il craignait le moment où, poussé par des obligations purement physiologiques, il serait contraint de sortir son petit museau de là. À Lena, il ne semblait plus rien avoir à lui dire, la vie entière, avec son lot de devoirs et de plaisirs, semblait soudain sans intérêt. Il ne pourrait pas faire comme si de rien était, c’était au dessus de ses forces. Cependant, il n’avait pas non plus le droit de se lamenter pour elle devant la femme qu’il aimait et avec laquelle il partageait sa vie… Sa loyauté le poussait à la quitter le plus tôt possible, sa lâcheté à s’enfuir en douce. Il avait le sentiment hautement désagréable de n’avoir les moyens de se sortir de cette histoire.

Rory... Il avait perdu Rory. Irrémédiablement.


« This is the hardest story that I’ve ever told
No hope or love or glory
A happy endings gone forever more »

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Dim 17 Aoû - 16:55

Hj: fin du topic? ou on continue le matin avec Lena?

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Dim 17 Aoû - 17:41

Hj : Fin du topic, ça me va... On racontera peut-être ça vaguement dans le topic suivant (enfin... Si tu veux bien continuer...), toi comment Rory s'est excusée auprès de Rory, moi comment s'est passé la journée suivante sans elle.
Bon... Et on fait quoi maintenant ? Moi j'ai deux scénarii à te proposer, soit Lena appelle Rory après quelques jours, plutôt inquiète car Jess a disparu de la surface de la terre, soit Rory revient (après avoir lu la lettre par exemple, ou pour tout autre prétexte, je te laisse te dépatouiller Razz)... Mais dans ce cas j'aimerais qu'il y ait un petit laps de temps entre les deux topics (au moins deux semaines).
Voila... Si t'as d'autres idées je t'en prie fais moi en part. Si tu préfères laisser tomber aussi.
Bref tout est entre tes mains...

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Dim 17 Aoû - 17:58

hj: J'avais pensé un peu pareil, Rory appelait Lena pour s'excuser et Lena refusait de lui parler suite à quoi Jess prenait le relais...mais j'avoue que j'aime mieux tes idées...et à vrai dire...on pourrait faire les deux à la suite non? Je trouve qu'elles se combinent bien...! Lena appelle Rory inquiète de la disparition de Jess et quelques temps après elle débarque chez Lena? Ou je sais pas...

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Dim 17 Aoû - 18:06

HJ : Combiner les deux ? J'avoue que je l'avais pas vu comme ça... Notamment parce que dans mon idée la réaction de Jess était complètement différente suivant le scénario... Mais pourquoi pas... Ça me va parfaitement Smile
Du coup on fait l'appel de Rory à Lena ou l'on passe directement au second appel ?

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Re: Kill me now [PV]

Message par Rory Gilmore le Dim 17 Aoû - 18:09

HJ: non mais en fait ça n'ira pas c'est certainement pour ça que tu n'y avais pas pensé, je retire ce que j'ai proposé...on pourrait faire l'appel de Rory pour s'excuser auprès de Lena et là elle lui annonce que Jess a disparu? Et ensuite on verra ou ça nous mène...?

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Re: Kill me now [PV]

Message par Jess Mariano le Dim 17 Aoû - 18:18

HJ : Pourquoi ça n'irait pas ? Là tout de suite j'ai du mal à voir ce qui ne colle pas... Quoi que maintenant que tu le dis... Je me perds toute seule, c'est terrible -_-'
En fait y a peut-être un truc étrange... Soit effectivement Lena appelle Rory pour lui dire que Jess a disparu et dans ce cas soit Rory se bouge de suite, soit elle ne se bouge pas du tout (je vois mal pourquoi, d'un coup, après quelques jours, elle se décide enfin à montrer le bout de son nez alors qu'elle sait qu'il est introuvable), donc soit elle s'inquiète et viens de suite, soit elle en a rien à faire et elle vient pas du tout... Quoi que... Après tout elle peut toujours se dire d'abord qu'il fait son petit caprice et qu'il finira bien par revenir, la rancoeur aidant elle ne bouge pas... Puis elle apprend qu'il n'est toujours pas réapparu (tant qu'à faire elle peut lire la lettre entre les deux...), elle commence à s'inquiéter et décide de se bouger.... M'enfin ça fait peut-être beaucoup pour pas grand chose... En fait ça dépend si ce scénario peut-être intéressant pour toi, si tu trouves que c'est plus intéressant de jouer Rory de cette façon...

Quant à un appel commun c'est pas possible... Parce que logiquement Rory appelle le lendemain de son départ pour s'excuser... Y a peu de chance que Jess ait déjà disparu, encore moins que Lena s'inquiète déjà... Et quand bien même elle s'inquièterait, sachant comment ça se passe entre eux trois c'est peu probable qu'elle ne tente pas tout avant de demander son aide à Rory...

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