Sombre dimanche

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Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Lun 21 Avr - 17:24

Il ne faisait pas un temps radieux, ce matin, lorsque le beau jeune homme avait ouvert un œil. À peine levé, étonné de voir le peu de lumière dans sa chambre, il était descendu tant bien que mal de son grand lit pour pousser légèrement le rideau. Effectivement, le ciel était couvert, à la fois gris et noir charbon, et les nuages menaçaient à tout moment de déverser sur les pauvres new-yorkais leur colère.
Ce matin était aussi morose que l’humeur de ce cher Jess, et pourtant, les deux n’étaient liés. En effet, le temps n’était pour rien dans la mauvaise humeur du new-yorkais qui ne pouvait s’empêcher de se laisser aller, une fois de plus, à son humeur massacrante. Il n’arrêtait pas de réfléchir, de se demander ce qu’il avait pu faire au bon Dieu pour que les choses se soient si mal passées, il se repassait sans arrêt les peu de mots qu’ils avaient échangés tous les deux… Sans jamais comprendre comment ils en étaient arrivés là où ils en étaient arrivés. Ils étaient enfin adultes tous les deux, il ne restait, et vu le temps que ça avait pris ce n’était pas dommage, plus aucun sentiment entre eux… Théoriquement, plus aucun obstacle ne les empêchait d’être les amis qu’ils auraient dû être depuis longtemps, ceux qu’ils étaient quand ils s’étaient connus. Alors comment les choses avaient pu devenir si compliquées de nouveau ?
Il ne le savait même plus, et avait beau répéter inlassablement ces derniers jours dans son esprit, aucune explication ne lui semblait convaincante.

Bien qu’il n’ait pas encore plu, le temps ne s’était pas arrangé ni après qu’il ait pris sa douche, ni après qu’il ait prit en vitesse un petit-déjeuner, ni après qu’il se soit enfermé quelques heures dans son bureau.
Malgré cela, Jess décida qu’il était temps de sortir, il supportait toujours aussi mal de rester enfermé des heures durant. Certes, il avait encore du travail – il avait toujours du travail, mais il était autant possible de le faire dedans que dehors, alors à quoi bon se priver ? Il prit donc son manteau, eut même la délicate attention de prévenir sa compagne, et sortit.
Pour aller où ? Il ne le savait pas lui-même, un endroit où il pourrait travailler, c’est tout ce qui l’importait.

Après avoir marché de longues minutes, profitant simplement de l’ambiance hors du commun qui régnait de tout temps dans les rues de New York, il jeta son dévolu sur un café qui ne payait pas de mine, mais dont il connaissait la bonne réputation.
Après s’être frayé un chemin dans la petite salle, esquivant tables et habitués, il trouva enfin une chaise et s’assit.

Un livre dans une main, un journal sur la table et son téléphone dans l’autre, il entreprit de composer un numéro.

Bientôt, la sonnerie laissa la place à la voix d’un homme qui ne devait plus être tout jeune, la cinquantaine bien tassée probablement.


« Allô, M. Henton ?..... Jess Mariano….. Oui….. Justement….. Non mais vous rigolez ? »

Jess eut, lui même, un petit rire.

« Vous avez recouvert les pages à la feuille d’or ?.... La couverture ?.... Le marque page, alors ?.... »

Au bout du fil l’autre commençait visiblement à s’impatienter, ce qui n’empêchait en aucun cas le jeune homme de sourire. Au moins, travailler lui changeait les idées et, comme à ce moment précis, cela pouvait même être amusant.
C’est ce moment que choisit la serveuse pour venir prendre sa commande. Cachant son micro avec sa main libre il lui demanda un café avant de reprendre sa conversation.


« Justement, Jacob, je connais les prix du marché… Alors à moins qu’il n’y ait plus d’arbres sur cette planète, rien ne….. »

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Re: Sombre dimanche

Message par Clark Kent le Mer 28 Mai - 18:58

Clark observa le ciel et fit la moue. Pas vraiment un temps pour traîner dehors.

J'aurais dû prendre mon parapluie... Murmura-t-il pour lui-même.

Il hâta le pas, sans courir toutefois. Ce n'était pas vraiment le moment de prendre une douche. Et ça y est il commençait à pleuvoir. Il chercha un abri et son regard tomba sur un café qui se trouvait à quelques mètres de là. Il se dépêcha d'entrer à l'intérieur avant d'être complètement trempé. Discrètement il nettoya ses lunettes rapidement pour retirer l'eau qui se trouvait dessus, on ne devait pas le voir sans cet accessoire qui protégeait sa véritable identité. Il se dirigea ensuite jusqu'au bar et commanda un café. Il remarqua ensuite que toutes les tables étaient occupées, toutes les chaises étaient prises sauf à une table où se trouvait un jeune homme en train de téléphoner. Il n'y avait pas d'autres endroits pour s'assoir alors Clark décida de prendre place en face de cette personne.


Bonjour, j'espère ne pas vous déranger en m'installant ici, toutes les autres places sont prises...

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Re: Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Mer 28 Mai - 23:58

Jess était toujours en pleine discussion, plus ou moins passionnée, avec son interlocuteur quand un jeune homme se présenta, lui demandant avec politesse s’il pouvait se joindre à lui. Après un bref coup d’œil alentour, le beau brun put vérifier par lui-même qu’effectivement le café était bondé. En règle général l’établissement jouissait d’une bonne réputation, ce qui rendait difficile la quête d’une place assise, le temps n’arrangeait rien. Jess aurait bien dû se douter qu’en venant ici il avait peu de chance de rester longtemps seul.
Le jeune homme n’aimait pas vraiment la compagnie. Il avait appris à faire des efforts, pour rester un minimum courtois, quelle que soit la situation, tant que celui ou celle qui lui faisait face ne lui manquait pas de respect… Mais la conversation n’était clairement pas son fort, à moins de tomber sur une personne capable de meubler seule la discussion ou sur quelqu’un d’assez intéressant pour que les mots viennent plus naturellement. Il n’en pria pas moins, d’un geste, le nouveau venu de s’asseoir, sans oublier de sourire pour paraître un minimum aimable, alors qu’il terminait sa conversation téléphonique.


« Vous savez qu’il y a d’autres fournisseurs en Pennsylvanie ? ….. C’est une menace….. Les éditeurs n’ont rien à voir là-dedans….. Alors allez voir si Strand a les moyens de se faire arnaquer….. Voilà. Au revoir. »

Ce n’est qu’alors qu’il releva les yeux sur la personne désormais assise face à lui, pendant qu’il rangeait son téléphone dans la poche de son blouson. Visiblement, il n’avait pas pu échapper à l’averse qui avait commencé à sévir à l’extérieur.
Le jeune homme qui s’était permis de s’inviter à sa table devait avoir pratiquement son âge, les cheveux aussi noirs que les siens. Quelque chose dans son regard, dans sa personne, dans sa façon de se mouvoir, donnait de lui l’image d’un homme plutôt aimable et calme. Pourtant, même cette bonne impression ne lui permettait pas de se sentir à l’aise. Il sentait qu’il aurait dû dire quelque chose, mais il avait beau chercher rien ne venait. Dans un premier temps, il se contenta donc de lui répondre qu’il ne le dérangeait pas avant d’ajouter :


« Ils font de bons cafés, mais il faut venir à 6 h pour être sûr d’avoir une place. »

Ce n’était peut-être pas la phrase du siècle mais son interlocuteur pouvait s’estimer heureux qu’il soit parvenu à tenter d’engager la conversation. Après tout, l’homme face à lui n’avait pas l’air bien compliqué à vivre, et il avait appris que c’était en parlant que l’on nouait des contacts, et que les contacts pouvaient s’avérer utile lorsque l’on projetait d’ouvrir un commerce. En revanche, il n’était pas certain de pouvoir continuer longtemps à ce rythme si sa nouvelle connaissance ne l’y aidait pas un peu.
S’il y avait autre chose que le jeune homme avait appris au fil du temps, c’était aussi la politesse. Il ne parlait peut-être toujours pas énormément, mais au moins il ne faisait pas la tête lorsqu’il était entouré de gens qu’il ne connaissait pas, et il essayait tant bien que mal de ne pas paraître méprisant… Pas tant, du moins, qu’il n’était pas certain que la personne face à lui était un idiot. En l’occurrence, s’il s’agissait d’un crétin il aurait bien le temps d’être sarcastique plus tard, mais rien ne l’empêchait de commencer les choses proprement.
C’est alors qu’il l’observait, sans vraiment bien se cacher – bien qu’il sache à quel point son regard si perçant pouvait en déranger certains – que la serveuse se présenta à nouveau, leur apportant leur commande. C’est un sourire de remerciement qu’il lui lança avant qu’elle ne s’éloigne à nouveau.

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Re: Sombre dimanche

Message par Clark Kent le Jeu 29 Mai - 20:02

Clark observait le jeune homme et lui fait un petit sourire amical en voyant son geste pour l'inviter à s'asseoir, hochant doucement la tête pour le remercier. Il regarda ensuite par la fenêtre et observa la pluie tomber. Bah dis donc, quelle averse ! Heureusement qu'il s'était mis à l'abri ! Son attention se reporta sur son interlocuteur lorsque celui-ci termina sa conversation téléphonique et qu'il commença à l'observer. Il remarqua que le jeune homme ne semblait pas très l'aise et il se demanda si c'était à cause de lui. En entendant ses propos, il répondit doucement :

C'est la première fois que je viens ici, ça a l'air d'être un café plutôt populaire si je comprends bien.

Il lui sourit encore et il demanda, toujours d'une voix douce et calme :

Je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter votre conversation téléphonique et j'ai entendu le mot "éditeur", seriez-vous un écrivain ?

Il vit ensuite une serveuse lui apporter son café et lui fit un petit sourire en disant :

Merci.

Il attrapa sa tasse et commença à en boire le contenu. Son interlocuteur avait raison, cet endroit savait faire des bons cafés, pas étonnant qu'il y avait autant de monde. Il suivit la serveuse du regard alors que cette dernière s'éloignait puis ses yeux reviennent se poser sur la personne qui était assise à la même table que lui.

Je m'appelle Jordan Elliot, je suis reporter au New York Times...

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Re: Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Jeu 29 Mai - 23:54

Et voilà ! Par miracle, la conversation était lancée… Était-ce finalement si facile que cela ? Le jeune homme en doutait. En premier lieu, il était persuadé d’être tombé sur une personne plutôt affable, ce qui aidait assez. Ensuite, il savait bien qu’il n’était pas au bout de ses peines, et qu’il ne saurait pas quoi répondre à la moitié des répliques de son interlocuteur.
Pourtant, cela s’annonçait, contre toute attente, plutôt bien. Ils parlaient de New York, ou plutôt d’un café de New York qui, finalement, était assez à son image. En bon new-yorkais pure souche, il aimait cette ville, il l’adorait même pour toutes les nuances que l’on pouvait y trouver. Il l’aimait pour ses odeurs, tantôt de cuisine asiatique, indienne, pour ses odeurs de friture, tantôt de ville, pour ses pots d’échappement, pour l’odeur des égouts. Il l’aimait pour sa vie, New York ne dormait réellement jamais, tout y était toujours en mouvement, tout y pétillait en permanence. Il l’aimait pour son melting-pot, pour le savant mélange de ses immigrés, le savant mélange des classes dominantes et plus populaires. Il l’aimait pour sa culture et sa richesse, pour son association parfaite entre intellectuels, hippies et tous les autres mouvements underground. Il l’aimait car on la sentait respirait, vivre, bouger et réfléchir autour et à l’intérieur de soi, pour peu que l’on y prête attention.
Doucement, il acquiesça.


« Il n’est pas très connu mais a beaucoup d’adeptes. »

En effet, ce café était plutôt un secret bien gardé. Il était rare ici de voir des touristes, à moins qu’ils se soient perdus. Ceux qui étaient ici, malgré leur nombre, faisaient partie de la confidence, car on ne parlait jamais de lui sur la place publique, sa réputation ne se faisait que par le bouche à oreille. Somme toute, il fallait connaître New York pour connaître ce café.
Sa question suivante, en revanche, le laissa quelques secondes perplexe. Dans un premier temps le jeune homme eut un sourire amusé. Il appréciait la franchise du nouveau venu. Il connaissait assez le genre humain pour savoir que, dans la majorité des cas, et malgré leur grande curiosité, les gens n’osaient pas poser de questions – ce qui était d’autant plus vrai qu’il avait saisi un mot dans une conversation que la politesse lui interdisait d’écouter. La plupart auraient alors essayé d’amener les choses de manière détournée, en lui demandant par exemple ce qu’il faisait comme travail. Lui ne s’était pas embarrassé de la sorte et lui avait clairement avoué avoir écouté sans le vouloir. En revanche, il ne savait pas vraiment quoi répondre. Jess était plutôt du genre à ne pas parler de ce qui le concernait, et plus il s’agissait de choses intimes moins il était à même de produire le moindre son. La question n’avait rien d’intrusive, à première vue elle n’avait rien de bien intime non plus… Mais sa réponse devrait l’être, ce qui l’embarrassait quelque peu. Comme une évidence, il commença alors par la partie la plus aisée, celle dont il pouvait parler librement.

« Libraire. »

Voilà qui était fait. Il venait de parler de son activité principale. Son métier, c’était de tenir une librairie, il n’était pas écrivain. Du moins, ce n’était pas ainsi qu’il se définissait. Et pourtant, c’est en détournant le regard, un vague sourire aux lèvres, qu’il continua.

« Mais j’ai écrit un livre, oui. »

C’était dit. Il n’en était pas moins gêné, mais il ne pouvait s’empêcher, dans le même temps, d’en être fier. Son livre, c’était son aboutissement, tout comme sa librairie – ses deux librairies, bientôt – l’était. C’était sa revanche sur la vie, la preuve qu’il était capable de faire quelque chose de bien parfois malgré le nombre incalculable de fois où on lui avait répété à quel point son avenir était compromis. Mais à la différence de sa librairie le livre qu’il avait écrit avec quelque chose en plus, pour Jess on laissait une partie de nous dans chaque ligne, dans chaque lettre que l’on écrivait, ce livre était donc une partie de lui, son prolongement.
Quoi qu’il en soit, il trouva bon de minimiser immédiatement la portée de cette révélation en montrant à quel point il n’était pas, non plus, le nouvel auteur à la mode.


« Il n’y en a que 500 exemplaires. Rien de bien exceptionnel. »

C’est alors, après que la serveuse les ait interrompu, que le mystérieux inconnu eut une parole des plus censées, qui n’était pourtant pas même venu à l’esprit du jeune homme : il se présenta. Voilà une chose bien pragmatique, mais à la fois très utile et totalement de rigueur entre deux inconnus.
Son sourire s’élargit alors qu’il lui tendait la main, au dessus de leurs cafés.


« Jess Mariano. »

Il travaillait au New York Times… Lui qui n’aimait pas vraiment les journalistes, il commençait à en être envahi. Il n’aimait pas les journalistes des journaux qui n’étaient pas indépendants justement parce qu’ils ne l’étaient pas. La grande majorité était incapable de faire correctement son travail, informer la population. En règle générale ils ne montraient pas le plus important, ce qu’il y avait réellement d’intéressant, ils se contentaient de sujets légers, ou du politiquement correct, ce qu’un homme comme lui ne pouvait que regretter. Il n’avait pas non plus une dent contre eux au point de ne pas les apprécier à titre particulier simplement car il ne les aimait pas à titre collectif. Certains étaient bien plus performants que d’autres, plus intelligents aussi, il ne pouvait que l’admettre. Aussi, il n’avait pas de préjugés particuliers et espérait bien avoir le temps de se faire sa propre opinion au sujet de Jordan.

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Re: Sombre dimanche

Message par Clark Kent le Ven 24 Oct - 8:02

HRP : "Dernière visite le Ven 30 Mai - 2:03" Oups... Je m'excuse pour ma longue absence. Je constate qu'il n'y a pas eu de grand changement depuis ma dernière visite, c'est bien dommage Sad Je réponds au RP bientôt, faut juste que je trouve des idées...

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Re: Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Dim 2 Nov - 21:06

HRPG : Je sais même pas comment j'ai fait pour louper ton message -_-'
Effectivement, pas de grandes avancées, malheureusement... En plus avec les cours j'ai un peu du mal à porter le fow' toute seule sur mes frêles épaules, et c'est bien connu, moins y a de monde, moins les gens sont motivés, moins y a de monde, etc. Et c'est un cercle vicieux.
Breeeef prends le temps qu'il te faut, j'espère que ta disparition n'avait pas un cause grave... Wink

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Re: Sombre dimanche

Message par Clark Kent le Ven 21 Nov - 18:49

Clark commença à siroter lentement son café et il jeta un coup d'oeil à la fenêtre, observant la pluie ruisseler doucement sur la vitre. C'était un temps à ne pas mettre un journaliste dehors et il pensa à ses collègues qui étaient obligés de faire leur travail à l'extérieur, en particulier ceux qui faisaient des reportages sur le terrain. Il reporta son attention sur son interlocuteur tandis que ce dernier répondait à ses questions, lui disant que oui cet endroit n'était pas très connu mais avait beaucoup d'adeptes, lui précisant ensuite qu'il était libraire mais que oui il avait écrit un livre, qu'il y en avait que 500 exemplaires, et enfin il se présenta : Jess Mariano.

Enchanté de vous connaître, Monsieur Mariano. Fit-il avec un sourire amical.

Il remonta ses lunettes sur son nez et recommença à contempler l'extérieur à travers la fenêtre. Heureusement qu'aujourd'hui il n'avait rien prévu de spécial à faire, il n'était donc pas pressé de sortir de cet établissement qu'il venait de découvrir. Tiens ! Et si... Il reporta son attention sur son interlocuteur et il demanda calmement :


Vous dites que ce café n'est pas très connu mais qu'il a beaucoup d'adeptes ? Vous semblez en savoir beaucoup sur la question, cela vous dérangerait-il de m'en dire plus, s'il vous plaît ? Je pense que cela pourrait faire un très bon sujet pour mon prochain article...

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Re: Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Mer 26 Nov - 22:31

Jess se détendit lentement. Il n’était pas vraiment du genre à rester le dos bien droit et les mains bien rangées sur la table. Aussi il se rassit plus convenablement, le dos certes soutenu par le dossier mais le bassin en avant, les mains se mouvant au gré de ses envies, les jambes, même, plus détendues, se permirent de s’écarter légèrement.
En effet il s’était redressé lorsque l’inconnu était entré en scène, souvent le corps se trahit l’intérêt de l’esprit. Mais à présent ils n’étaient plus des étrangers et l’air ambiant ainsi que la particulière gentillesse qui émanait de l’homme face à lui commençait à lui rendre ses vieilles habitudes. Jess avait peut-être une façon un peu manichéenne d’apprécier les choses, car malgré tout il ne connaissait son interlocuteur depuis quelques minutes seulement. Oui mais voilà, ils s’étaient présentés, ils avaient discuté quelque peu et c’était bien assez pour savoir s’il avait affaire à un parfait idiot ou non, c’était tout ce qui lui importait. Autant être franc, le jeune homme aurait préféré quitter immédiatement cette table, quitte à mourir noyé sous les trombes d’eau que déversait le ciel, plutôt que de passer une seconde avec quelqu’un qui avait déjà perdu son respect par son manque d’intelligence.
En l’occurrence ce n’était pas le cas. Cette courte entrevue ne suffisait certes pas à être certain qu’il gagnerait un Nobel un jour mais déjà il était prêt à parier qu’il n’avait pas face à lui Simplet. Ce fut la raison pour laquelle il répondit plutôt chaleureusement – du moins avec toute la chaleur dont il était capable – aux premières paroles de son compagnon.

Cependant, écoutant la suite du discours de ce dernier son air s’assombrit légèrement, perdu qu’il était entre réflexion et écoute.
Finalement il fronça légèrement les sourcils avant de secouer la tête en souriant. Les journalistes alors, tous les mêmes… Jess n’en connaissait que peu, peu qui réussissaient réellement à gagner leur vie dans ce métier du moins, mais il n’avait pu ne pas remarquer que tous avaient un point commun : donnez leur une miette de pain, pourvu qu’elle soit intéressante ils en feront un article. Son nouvel ami ne dérogeait pas à cette règle.
C’est sans rien perdre de son sourire qu’il répondit alors, sans agressivité aucune.


« Je suis pas sûr que l’idée soit bonne… Le principe de ce genre d’endroit n’est-il justement pas de rester réservé aux initiés ? Il faut déjà deux bonnes heures pour avoir un café, vous ne passeriez jamais le pas de la porte si les new-yorkais décident de tous se pointer ici. Le bouche à oreille, c’est tout ce dont il a besoin. »

Il jeta un regard circulaire à la salle.

« Tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui lui a fait connaître cet endroit… En quelque sorte nous nous connaissons tous. »

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Re: Sombre dimanche

Message par Clark Kent le Jeu 27 Nov - 14:54

Alors qu'il allait saisir son calepin pour prendre des notes, Clark se ravisa en entendant la réponse de son interlocuteur. Il eut un petit sourire presque penaud et hocha doucement la tête.

Vous avez raison en effet, j'abandonne donc cette idée.

Il n'avait pas vu les choses sous cet angle et il regrettait maintenant d'avoir pensé à ça, faire connaître cet endroit avec un article lui ferait certes de la publicité mais ça pouvait également lui nuire si trop de monde venait en même temps. Il attrapa de nouveau sa tasse de café pour recommencer à siroter son contenu et il sembla se perdre dans ses pensées. Son regard se fit lointain quelques instants avant de se porter une fois de plus sur le jeune homme qui lui faisait face.

De quoi parle votre livre ? Rassurez-vous, je n'en ferais pas un article, sauf si vous me le demandez bien sûr...

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Re: Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Sam 29 Nov - 15:03

Jess secoua doucement la tête en souriant. Ce n’est pas demain la veille qu’il y aurait ici un attroupement monstre, ils étaient d’accord pour laisser tomber cette idée saugrenue, ce ne pouvait être qu’une bonne nouvelle.

Cet homme le fascinait et ce pour une raison simple : il semblait être son exact opposé. Outre la carrure qu’ils n’avaient clairement pas en commun Jordan avait l’air aussi avenant que Jess était renfermé, aussi aimable que Jess était cynique, aussi serviable que Jess était dédaigneux. La vérité était qu’il avait l’air bien trop gentil, bien trop parfait… Peut-être même trop pour être honnête. Jess ne pouvait pas comprendre que l’on soit simplement aimable avec la terre entière, et c’est cela, que dégageait à la perfection son compagnon, qui le déstabilisait. D’un autre côté, il n’avait pas à s’en méfier, il le sentait, cela avait l’air bien trop naturel pour être faux, c’était juste… Curieux. Assez pour éveiller l’intérêt du jeune homme, assez pour lui donner envie de comprendre et d’en savoir plus.

Mais pour l’heure ce n’était toujours pas vers ce mystérieux inconnu que tournait la conversation mais vers autre chose, une chose dont il avait bien du mal à parler : lui-même.
Il eut tout de même de la chance dans son malheur, son livre c’était son bébé, c’était une partie non négligeable de lui, de sa vie, mais l’une des seules dont il pouvait tirer une certaine fierté. De nature plutôt réservée et réellement modeste il ne fanfaronnait pas mais le petit sourire qui naquit sur ses lèvres, pour les connaisseurs, suffisait à montrer la satisfaction qu’il en tirait.

Avant tout il eut un petit rire suivi d’un hochement de tête.


« Je crois que je m’en passerai aussi bien que ce café. Il n’a pas la prétention d’être le best-seller de l’année, croyez-moi. »

Cette idée le fit sourire. Jordan n’était pas le premier à s’intéresser assez à son bouquin pour décider d’écrire dessus un article… Quelque part Jess s’en voulait de refuser, parce qu’il savait à quel point il refusait, à chaque fois, une occasion en or de faire connaître ce petit bout de papier qu’il avait écrit sans prétention. Mais au-delà du livre, c’était lui-même qui serait connu, et c’est cela surtout qui le freinait. Être le centre de l’attention, ne serait-ce que pour quelques jours, que des personnes qu’il ne connaissait pas puisse, en revanche, le reconnaître… C’était impensable.


« Il s’appelle Sous-secte. C’est un roman sur la découverte et l’histoire des cultures underground… Enfin c’est plutôt un prétexte pour chercher à les comprendre, les analyser et, parfois, les juger. »

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Re: Sombre dimanche

Message par Clark Kent le Lun 1 Déc - 9:04

Clark observa son interlocuteur tandis que ce dernier répondait laconiquement à sa question. Difficile d'avoir une conversation avec une personne si réservée, il n'allait pas sans arrêt relancer la discussion, cela ne servait à rien. Il se dit alors qu'il n'allait pas insister davantage, il n'avait absolument pas envie d'importuner le libraire avec sa curiosité. Il se contenta donc de hocher doucement la tête en faisant un sourire poli. Il n'avait toujours pas de nouveau sujet pour son prochain article et ce n'était pas ici qu'il allait le trouver, il le savait à présent. Il jeta un oeil à la fenêtre et remarqua avec satisfaction que la pluie avait cessé de tomber. Il porta une dernière fois sa tasse de café à ses lèvres pour en finir le contenu puis la déposa doucement sur la table. Il fit signe ensuite à la serveuse pour lui demander l'addition avant de regarder le jeune homme qui était assis en face de lui.

Je pense que je vais vous laisser tranquille, Monsieur Mariano, je vois bien que vous préfériez rester seul à cette table.

Il se leva tandis qu'il sortait son portefeuille de l'une des poches de sa veste pour en sortir un billet qu'il tendit ensuite à la serveuse qui s'était approchée.

Gardez la monnaie.

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Re: Sombre dimanche

Message par Jess Mariano le Lun 15 Déc - 11:57

Voilà bien une chose qui toujours lui avait porté préjudice, son manque de conversation.
Il n’était pas ce que l’on pouvait appeler doué pour ce genre de chose, vraiment pas. Dans un premier temps il n’aimait tout simplement pas à bavarder, il n’avait donc pu s’entraîner. Jusqu’à récemment parler était un fardeau pour lui, et plus il se taisait mieux il se portait. À présent les choses avaient changé, il avait grandi, il avait compris l’intérêt que cela pouvait représenter et il avait tenté de remédier à ce petit travers. Tenter oui, réussir en revanche on pouvait en douter.
Jordan n’imaginait certainement pas les efforts qu’il faisait. Certes, il n’était pas assez habile encore pour relancer la conversation et il avait un peu trop laissé, c’était vrai, ce soin à son interlocuteur. Mais Clark ne s’imaginait certainement pas l’étendue de ses efforts. En règle générale s’il ne cherchait pas la compagnie ou si son compagnon avait le don de lui taper sur le système il répondait à peine, de façon détachée, par une suite de syllabe et de sons qui montraient bien à quel point tout ceci lui passait au-dessus de la tête. Jess était franc, lorsqu’il n’était pas intéressé il ne faisait pas semblant et n’allait pas par quatre chemins. Clark aurait donc dû prendre son comportement, au contraire, comme un comportement amical, mais encore aurait-il fallu qu’il sache tout cela.
Il se leva à sa suite.


« Je suis désolé que vous ayez pris mon manque de conversation pour de l’inintérêt. Si vous saviez le nombre de mère que je n’ai pas su charmer autant que leur fille à cause de ça. »

Il sourit, c’était bien entendu de l’humour, bien que ce ne soit pas si faux que cela. Le nombre il ne s’en souvenait pas car une seule lui revint à l’esprit, Lorelaï Gilmore, la mère de la plus adorable des créatures de l’univers. On ne pouvait pas dire que le courant soit jamais bien passé entre eux, au contraire même. Et pourtant il avait essayé, parfois, mais ça avait été peine perdu, il était encore mois doué pour les causeries qu’à présent.

« Je vous assure que si j’avais voulu rester seul à cette table je n’aurais pas pris de gant pour vous le faire savoir. »

À dire vrai Jess ne savait même pas pourquoi il disait tout cela. Certainement voulait-il s’excuser de son comportement – il commençait à en avoir l’habitude à force – mais il ne devait pas espérer que son compagnon se rassoit, s’il partait c’était très certainement qu’il s’ennuyait à cette table. Jess en était désolé, il appréciait le jeune homme et était déçu de ne pouvoir faire sa connaissance plus en détail, tout cela car il s’était retrouvé mal à l’aise face à un des plus récurrent défauts de Jess.
New-York était grande, ce n’était peut-être, après tout, que partie remise.

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